- Emmanuel Macchia et Valentin Campagne sont les lauréats du prix d’interprétation du 79ᵉ Festival de Cannes.
- Ils sont les révélations de « Coward », la romance anti-guerre du cinéaste belge Lukas Dhont.
- Avant leur jour de gloire sur la scène du Palais des Festivals, ils s’étaient confiés auprès de TF1info.
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Festival de Cannes 2026 : films, stars et actualités de la Croisette
C’est la belle histoire du 79ᵉ Festival de Cannes. Le Belge Emmanuel Macchia et le Français Valentin Campagne, respectivement 20 et 22 ans, ont remporté ensemble le prix d’interprétation masculine pour Coward
, le film de Lukas Dhont dans lequel ils incarnent deux soldats qui tombent amoureux, dans un régiment où la pratique du théâtre permet de remonter le moral des troupes. TF1info les avait rencontrés vendredi, au lendemain d’une projection très applaudie.
Comment avez-vous été réunis par Lukas Dhont ? Lequel a été choisi le premier ?
Emmanuel Macchia : C’est moi. Je suivais des études d’architecte du paysage, et il m’a trouvé là-bas à mon école, parce qu’il voulait quelqu’un qui venait d’un milieu un peu agricole, très proche de la nature et de la terre. Quand il m’a proposé de passer un casting, j’avoue que je ne voyais pas qui c’était. De nom, oui. Mais pas de visage. J’ai accepté, juste pour le plaisir, juste pour l’expérience. Je ne m’attendais honnêtement à rien. Et puis il y a eu casting sur casting, sur casting, sur casting. Et puis j’ai été pris. Mais on va peut-être raconter ton histoire aussi… (Il se tourne vers Valentin Campagne).
Valentin Campagne : Moi j’étais déjà acteur avant (il a notamment joué dans La Venue de l’avenir
et Dossier 137,
ndlr) . Lukas m’a demandé de lui envoyer une vidéo, en chantant et en dansant comme à l’époque du film. Du coup j’ai choisi Josephine Baker. Et il m’avait demandé aussi de faire la scène de l’accouchement, au tout début (une mise en scène pour amuser les autres soldats, ndlr). C’était ça le casting. Après on s’est rencontrés en Belgique, avec Lukas et Emmanuel, et après il y a eu une autre étape, et une autre étape… et voilà quoi !
Contrairement à la plupart des films de guerre, vos personnages de soldats ne sont pas héroïques. Ils se passionnent pour l’art et le spectacle… Est-ce que ça vous a surpris à la lecture du scénario ?
Valentin Campagne : Personnellement, c’est ça qui m’a énormément séduit. C’est la guerre comme on ne l’avait jamais montrée avant.
Vous aussi Emmanuel ?
Emmanuel Macchia : Oui mais moi c’était beaucoup de stress. Comment incarner ce rôle, comment jouer tout ça, toutes ces émotions ? J’ai déjà du mal à les gérer dans ma propre vie. J’étais aussi surpris par la tendresse entre ces soldats. Il y avait de la brutalité. Mais ils se supportaient, c’était vraiment une équipe. Et ça, c’était très touchant.

Comment Lukas vous a-t-il dirigés ? C’est le genre de réalisateur qui vous glisse un petit mot à l’oreille avant une prise ?
Valentin Campagne : C’est exactement ça. Déjà, il y a peu de pauses. Il travaille beaucoup sur le fait de « rentrer » dans les scènes. C’est hyper intense. On les refait, on les refait, on les refait, on les refait… En fait il entre dans ta tête.
Mais comment il fait pour entrer dans votre tête ?
Valentin Campagne : Il apprend à nous connaître. Il voit ce qu’on aime. Quelle musique on écoute. Il nous pose beaucoup de questions sur qui on est. Du coup, il commence à te comprendre. C’est ça, diriger un acteur. C’est voir un être humain et savoir comment l’amener sur les émotions dont tu as besoin.
Emmanuel, vous qui n’avez jamais fait ce métier, comment décrirais-tu Lukas ? Un grand frère ? Un magicien ?
Emmanuel Macchia : Un magicien qui m’a décadenassé de certaines émotions.
Ce film, vous avez envie de l’emmener partout dans le monde ?
Emmanuel Macchia : J’aimerais vraiment toucher et transmettre ce message au plus grand nombre. Je suis sûr que ça peut aider certaines personnes.
Et vous diriez que c’est quoi le message principal ?
Emmanuel Macchia : L’amour. L’amour des autres. L’acceptation de soi et des autres. Je pense que c’est ça le message.
Valentin Campagne : Je dirais aussi l’importance de l’art pendant la guerre. Très important en ce moment. Et l’acceptation des émotions. L’acceptation de la vulnérabilité. Et c’est plutôt cool parce que ce n’est pas trop à la mode.
>> Coward
de Lukas Dhont. Avec Emmanuel Macchia, Valentin Campagne, Jonas Wertz. 2h00. En salles prochainement




