Le pétrole congolais est convoité dans le contexte de fermeture du détroit d’Ormouz. La Corée du Sud a par exemple cherché à sécuriser une partie de ses approvisionnements en brut grâce à la production congolaise.
C’est dans ce contexte international chaotique que TotalEnergies annonce ce lundi une nouvelle découverte d’hydrocarbures au large de Pointe-Noire. Une deuxième découverte sur le site Moho qui représente en tout 100 millions de barils récupérables, selon la major française. Le fruit d’investissements importants annoncés par Total et de réformes institutionnelles.
« Il va falloir savoir comment cette manne va être gérée »
Avec une production record en 2019, la République du Congo n’a jamais réussi à atteindre depuis les mêmes niveaux. Pour Brazzaville, c’est donc une bonne nouvelle, explique Alphonse Ndongo, analyste économique, au micro de Charlotte Cosset : « Ça va être une véritable bouffée d’oxygène au moment où le pays vit un assèchement financier sans précédent, avec trop de charges que l’État n’arrive pas à supporter, avec un endettement que l’on n’arrive pas à absorber. Je crois que c’est une très bonne nouvelle. »
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La viabilité de la dette congolaise n’a été rétablie que récemment, dans le cadre du programme du Fonds monétaire international (FMI). L’analyste alerte sur l’usage de ces futurs revenus pétroliers : « Il va falloir savoir comment cette manne va être gérée. Il est vrai qu’on a des dettes : on a le volet de dettes envers la Chine, avec les traders, avec des banques locales et sous-régionales. Et surtout ce que l’on peut redouter, c’est qu’il faut éviter le fait de « pre-paid » : c’est-à-dire que l’État, avant même de sortir les premiers barils du sol, se mette déjà à vendre cette production parce qu’on sait que le Congo a un besoin énorme de liquidités aujourd’hui. »
Le Congo est le premier producteur de pétrole de la zone de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), troisième producteur africain. Le secteur des hydrocarbures génère près de la moitié du PIB du pays. Cependant, plus de 40% des Congolais vivent encore sous le seuil de pauvreté.
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