Merci de ne pas cracher dans la soupe. C’est, en substance, la réponse qu’a faite Prisca Thevenot à Yaël Braun-Pivet, à l’aune de l’officialisation de la candidature de Gabriel Attal. Alors que la présidente de l’Assemblée nationale avait publiquement regretté la multiplication de candidatures exclusivement masculines dans son camp, Prisca Thevenot, très proche de l’ancien Premier ministre, s’est offusquée de ce reproche.
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« Le spectacle que je vois, ce club des machos qui se déclarent quasiment quotidiennement, je trouve que ce n’est pas la bonne façon de faire », avait déclaré Yaël Braun-Pivet sur RTL le 14 avril dernier. Elle a ensuite fustigé le comité de liaison « exclusivement masculin » mis en place entre Renaissance, MoDem et Horizons dans le cadre de la campagne 2027 et annoncé qu’à ce jour, elle ne soutenait « aucun candidat qui se lancerait (…) en faisant passer son ambition avant tout ». Si elle ne le nomme pas, Gabriel Attal semble bien faire partie du lot : la locataire du Perchoir ne participera pas au premier meeting prévu par son chef de parti le 30 mai prochain.
Le reproche en sexisme a particulièrement agacé Prisca Thevenot. Tout en disant son « respect » pour Yaël Braun-Pivet, l’ancienne porte-parole du gouvernement de Gabriel Attal a jugé « compliqué d’entendre » cette position, au vu du prestige de la fonction qu’elle occupe… grâce au parti. « Si Yaël Braun-Pivet est aujourd’hui la première femme élue et réélue au Perchoir de l’Assemblée nationale, c’est grâce à sa famille politique Renaissance », a répliqué Prisca Thevenot sur franceinfo ce samedi 23 mai.
Borne et Bergé aussi visées par Thevenot
Le manque d’union de Renaissance autour de sa candidature est l’un des nombreux obstacles auxquels doit faire face Gabriel Attal. Outre la présidente de l’Assemblée nationale, l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne a aussi marqué sa désapprobation avec la ligne Attal, en se retirant début mai de la direction du parti, dont elle reste néanmoins adhérente. Sur la même ligne que Yaël Braun-Pivet, elle a également fustigé l’absence de femmes dans les discussions de son camp et brillera par son absence au rendez-vous du 30 mai à Paris. Tout comme Aurore Bergé, qui prend de plus en plus ses distances avec les décisions du parti, notamment en soutenant Rachida Dati lors des municipales.
Ce n’est donc pas tout à fait un hasard si les trois ont été mentionnées par Prisca Thevenot. « En 2022, quand nous sommes arrivés à l’Assemblée, nous avons permis de valider Élisabeth Borne à Matignon, Yaël Braun-Pivet au Perchoir et Aurore Bergé comme présidente de groupe. Trois femmes, trois personnalités qui n’auraient pas pu tenir à leurs postes, au-delà de leurs compétences avérées et reconnues, sans le soutien de leur famille politique », a déclaré la députée des Hauts-de-Seine, avant de conclure : « Je trouve cette phrase un peu facile et pas vraiment à la hauteur de la famille qu’on représente. » La campagne qui s’ouvre à peine s’annonce sous les meilleurs auspices en interne.
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