- Abandonnée pendant la pandémie, la bise demeure ancrée dans les habitudes des Français.
- Chaque région possède d’ailleurs ses propres coutumes en matière de bise.
- Un dialectologue a cartographié l’Hexagone avec les régions dans lesquelles on tend la joue droite et celles où on montre la gauche.
Plutôt « à droite » ou « à gauche » ? On ne parle pas de politique mais de bise. Adepte des cartes illustrant les différences de dialectes et d’habitudes régionales insolites, le dialectologue Mathieu Avanzi a dévoilé une carte révélant les habitudes des Français selon les régions. À partir des données du site Français de nos régions, le linguiste a ainsi cartographié la joue qui était tendue en premier lors d’une bise.
Publiés sur son compte X en février 2024, les résultats montrent que les Français habitant dans la moitié nord-ouest de l’Hexagone ont tendance à faire la bise en commençant par tendre la joue droite, tandis que tout le sud et une partie de l’est débutent par la gauche. Toutefois, on constate quelques exceptions territoriales. Le Calvados est par exemple le seul département de « la zone joue droite » à tendre la joue gauche en premier !
[vraie question] Plutôt à droite ou plutôt à gauche ? pic.twitter.com/lP7QvzKE50 — Mathieu Avanzi (@MathieuAvanzi) February 5, 2024
Pourquoi fait-on la bise différemment selon les régions ?
Ces petites disparités de coutumes peuvent donner lieu à quelques moments de flottement et de confusion ! « J’en ai vécu des moments de solitude après avoir déménagé du sud vers le nord… »
, partage un internaute sur X. Si la bise a été mise de côté pendant de longs mois au moment de la pandémie du Covid-19 (nouvelle fenêtre), elle reste encore ancrée dans le quotidien des Français et suscite de nombreuses réactions. « Ce rituel de la communication mélange l’espace public (si l’on fait la bise à des collègues) et la sphère de l’intime (on se touche peau à peau) »
, analyse Mathieu Avanzi auprès de Ouest-France
(nouvelle fenêtre).
Si la bise continue de faire partie intégrante de notre vie quotidienne et ce partout en France, on ne sait pas vraiment pourquoi ces différences de coutumes existent. « C’est assez frustrant »
, poursuit le dialectologue, avant d’ajouter : « C’est un comportement qui s’est ritualisé sans que l’on arrive à comprendre pourquoi. Les zones qui se sont dessinées ne s’expliquent pas, même d’un point de vue historique. »
A contrario, l’expert du régionalisme explique généralement assez facilement les différences de vocabulaire ou d’expressions qui découlent souvent des évolutions des langues.
1, 2, 3 ou 4 bises ?
Outre le côté de départ, chaque région possède son nombre de bises. (nouvelle fenêtre) « On en fait une seule en Belgique, mais aussi dans une petite partie de la Bretagne. La plupart des Français en font deux, mais dans la partie méridionale on en fait trois et plutôt quatre au nord »
, dévoile Mathieu Avanzi dans l’émission Les P’tits Bateaux
sur France Inter (nouvelle fenêtre). Là encore, il est très difficile pour l’expert des coutumes régionales d’expliquer ces différences, étant donné qu’il y a peu de documentation sur les origines de la bise.
« Quand on regarde d’un point de vue historique comment a fonctionné la bise, on sait que c’est quelque chose qui existe depuis l’aube de l’humanité »
, poursuit-il. Si les chercheurs ont émis plusieurs hypothèses quant aux origines de la ritualisation de ce geste, ils peuvent simplement affirmer qu’il est réalisé depuis l’Antiquité. « La bise était pratiquée chez les gens de la même caste, les autres devaient la faire sur le pied ou sur le sol »
, raconte le linguiste qui explique que l’étymologie du mot bise vient du verbe latin basiare
, soit « poser ses lèvres sur
« .











