Une pièce sur le combat de Gisèle Halimi lors du procès de Bobigny en 1972 contre l’avortement, la comédie musicale « La Cage aux folles » et l’actrice Muriel Robin ont dominé la 37e Nuit des Molières, lundi 4 mai, à Paris.
« Le procès d’une vie », de Barbara Lamballais et Karina Testa, a remporté le plus de statuettes – dans trois catégories, dont le Molière du Théâtre privé – lors de ce rendez-vous annuel récompensant les personnalités du monde du théâtre, présenté par l’humoriste Alex Vizorek et retransmis en différé sur France 2. La pièce, qui raconte l’histoire vraie de jeunes femmes inculpées pour un avortement clandestin défendues par l’avocate Gisèle Halimi, a fait l’objet d’une ovation debout du public du théâtre des Folies Bergère, à la demande de la troupe du spectacle montée sur scène.
À écouter aussi«Le procès d’une vie» au théâtre, comment le droit à l’avortement a pris corps
Laurent Lafitte de nouveau récompensé
La cérémonie a démarré en trombe par un numéro de claquettes de huit « cagelles » en bas résilles et perruques blondes de « La Cage aux Folles », comédie musicale à succès sortie en décembre mise en scène par Olivier Py au théâtre du Châtelet. Ce spectacle est reparti avec deux prix : le Molière du spectacle musical et le Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre public pour l’acteur Laurent Lafitte qui joue le rôle de Zaza. Une récompense supplémentaire pour celui qui, au cinéma, a reçu au mois de février le César du meilleur acteur pour son rôle inspiré du photographe François-Marie Banier dans le film « La femme la plus riche du monde ».
À lire aussiCinéma: «Nouvelle Vague» et «L’Attachement» couronnés aux César sur fond d’hommage aux Iraniens
Trois spectacles ou membres de la Comédie-Française obtiennent une récompense: Elsa Lepoivre, meilleure comédienne dans un spectacle de Théâtre public (« Hécube, pas Hécube », de Tiago Rodrigues), meilleure pièce jeune public pour « Casse-Noisette ou le Royaume de la nuit », de Johanna Boyé et Elisabeth Ventura, et Laurent Stocker, meilleur comédien dans un second rôle (« Les femmes savantes », d’Emma Dante d’après Molière).
Côté humour, c’est « Sexe, Grog, et Rocking Chair », de et par Alex Lutz, qui a été lauréat d’une statuette.
« Un viol, ça ne se négocie pas, ça se juge ! »
En recevant un Molière d’honneur – le premier de sa carrière -, l’actrice et humoriste Muriel Robin, très émue, a réclamé au ministre de la Justice Gérald Darmanin de renoncer au texte de loi réformant la justice criminelle et approuvant notamment un dispositif de « plaider-coupable » pour les infractions les plus graves, ouvrant la voie à des délais accélérés et à des peines encourues réduites. « Un viol, ça ne se négocie pas, ça se juge ! », a-t-elle lancé. « Je vous demande […] d’être à la hauteur de ce fléau et de ne pas infliger aux victimes cette seconde peine ».
À lire aussiFrance: le Sénat examine la réforme Darmanin sur la justice criminelle, contestée par les avocats
La cérémonie n’a pas manqué d’autres clins d’oeil politiques. Un sketch préalablement réalisé a parodié la commission d’enquête sur l’audiovisuel public présidée par Jérémie Patrier-Leitus et dont le rapporteur Charles Alloncle (UDR, parti proche du RN) est accusé par la gauche et le bloc central de vouloir affaiblir France télévisions et Radio France. Alex Vizorek y campe un président des Molières auditionné par un rapporteur (Laurent Stocker) aux questions plus qu’insistantes sur le coût de l’événement, de son costume, jusqu’à ses sous-vêtements…
À lire aussiFrance: la commission d’enquête adopte le rapport du député Alloncle sur l’audiovisuel public




