- Après une mission de plusieurs jours en orbite de la Lune, les astronautes de la mission Artemis II sont rentrés sur Terre.
- Ils ont confié jeudi 16 avril ne pas avoir encore pris la mesure ni de leur exploit, ni de l’enthousiasme suscité.
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La Lune avant Mars : la conquête spatiale redécolle
« C’était une aventure incroyable. »
Quelques jours après leur retour sur Terre, les astronautes de la mission Artemis II sont revenus sur leur expérience incroyable de ce voyage en orbite autour de la Lune. « On est liés pour toujours. Personne ici ne saura jamais ce que nous quatre venons de vivre. Et c’était la chose la plus extraordinaire qui me soit jamais arrivée »
, assure Reid Wiseman, qui commandait la mission. « Chaque chose que l’on a faite lors de cette mission était une activité pour quatre personnes. Absolument tout »
, abonde son compatriote américain Victor Glover. « On aurait pu tenir encore dix jours. On aurait pu tenir encore trois mois. On plaisantait en disant que si on devait aller sur Mars, on se serait très bien débrouillés dans ce vaisseau spatial »
, reprend Reid Wiseman.
La tête encore dans la Lune
Cette mission habitée était la première depuis 1972 à s’aventurer jusqu’à la Lune et la seule de l’Histoire à avoir compté une femme, un astronaute noir et un non-Américain. De quoi faire naître un énorme engouement. « J’ai essayé de rester à l’écart, de ne pas regarder les réseaux sociaux ni les infos cette semaine. Donc je ne sais pas »
ce qu’il s’est dit, assure le pilote Victor Glover, même s’il reconnaît que ses enfants et ses voisins lui ont donné une idée de l’ampleur de l’enthousiasme suscité, notamment auprès des plus jeunes.
Pour rappel, des centaines de milliers d’internautes ont suivi l’évolution d’Artemis II sur le direct de la Nasa, sur YouTube. « Quand mon mari m’a pris entre quatre yeux et dit pendant cet appel vidéo ‘Non, vraiment, tu as fait la différence’, j’en ai eu les larmes aux yeux »
, assure, de son côté, Christina Koch, dont le parcours mêlant espace et exploration a passionné de nombreux utilisateurs sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui encore, elle peine à complètement reposer les pieds sur Terre. « À chaque fois que je me suis réveillée lors des premiers jours, j’avais l’impression de flotter. Je le pensais vraiment et j’ai dû me convaincre que je ne l’étais pas »
, confie-t-elle, lors d’une conférence de presse à Houston.
Si nous avions eu un module d’atterrissage, je sais qu’au moins trois de mes coéquipiers auraient tenté d’atterrir sur la Lune
Si nous avions eu un module d’atterrissage, je sais qu’au moins trois de mes coéquipiers auraient tenté d’atterrir sur la Lune
Reid Wiseman
Les trois Américains et leur collègue canadien ont aussi livré quelques anecdotes de leur séjour dans l’espace. « Si nous avions eu un module d’atterrissage à bord de cet engin, je sais qu’au moins trois de mes coéquipiers s’y seraient installés pour tenter d’atterrir sur la Lune »
, plaisante Reid Wiseman. « Vous voulez attirer l’attention de quelqu’un très rapidement ? Il suffit de déclencher l’alarme incendie dans votre vaisseau spatial alors que vous êtes encore à environ 130.000 kilomètres de la Terre »
, s’exclaffe-t-il. De son côté, Jeremy Hansen se montre plus trivial et assure qu’il « dort beaucoup mieux maintenant »
; « car Reid n’est plus sous moi à me donner des coups de pied »
.
La Nasa prévoit le retour futur des Américains sur la Lune, en vue cette fois d’y établir une base au sol et de préparer de futures missions vers Mars. Washington ambitionne d’effectuer un alunissage en 2028, avant la fin du mandat de Donald Trump et avant l’échéance fixée par ses grands rivaux chinois.




