- Deux hommes viennent d’être condamnés à trois ans de prison, dont deux fermes, pour avoir volé 126 banquettes arrière de voitures en quatre mois.
- Un trafic qui s’est amplifié ces derniers mois.
- Il faut dire que ces sièges se revendent très facilement sur des sites entre particuliers.
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Le 20H
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Au moment de partir en voiture, Marie Vasseur, une habitante de Juilly, en Seine-et-Marne, a eu une mauvaise surprise. « La semaine dernière, je me suis fait
voler tout l’arrière
, tous les sièges, tout le coffre. Ils ont coupé les fils, donc j’ai plus d’airbag »,
témoigne-t-elle dans le reportage du JT de 20H de TF1, à retrouver en tête de cet article.
Un habitacle saccagé, la banquette arrière volatilisée… Pour les experts en assurance, sa petite C3 est inutilisable. « On me dit clairement que le véhicule est économiquement irréparable parce que les travaux sont à 7.000 euros et ma voiture, elle en vaut même pas 4.000. Donc ça fait de la peine quand même »
, déplore la jeune femme.
Mais Marie est loin, très loin d’être la seule victime de ce trafic surprenant. Au moins une fois par semaine, Frédéric Alves, garagiste à Écouen, dans le Val-d’Oise, reçoit une voiture dont la banquette arrière a été volée. « Le comble, c’est que c’est même la voiture d’un de mes salariés qui s’est fait voler ça à 4 heures du matin devant chez lui »
, dit-il.
Mais pourquoi ces sièges suscitent-ils autant de convoitises ? C’est parce qu’ils se revendent très facilement. Sur le marché de l’occasion sont proposées de vieilles voitures professionnelles avec seulement deux places. Certaines personnes les achètent et installent des sièges arrière pour en faire des modèles cinq places. « Aujourd’hui, transformer un véhicule 2 places en véhicule 5 places va faire prendre 20, 25% de valeur au véhicule »
, précise le garagiste.
Des sièges revendus 200 euros pièce
Qui peut bien se cacher derrière ce genre de trafic ? Entre avril et août 2026, deux jeunes hommes ont sillonné les routes d’Île-de-France avec pour cible des Citroën C3 et des Clio 5 aux sièges facilement démontables. Aidés d’un troisième complice, ils dérobent dans plusieurs communes pas moins de 126 banquettes arrière en 4 mois, revendues 200 euros pièce sur des sites de revente entre particuliers. Avec les coûts de réparation au garage, le préjudice estimé est d’au moins 700.000 euros.
En août dernier, les gendarmes les arrêtent en possession de ces banquettes. « Elles ont été saisies lors de l’interpellation en flagrant délit de trois auteurs »
, déclare le capitaine Romain Freytag, commandant en second de la compagnie de gendarmerie de Coulommiers. C’est le résultat de trois mois d’enquête menée par les brigades de recherche de Coulommiers et de Meaux. « Nous avons procédé à quelques surveillances nocturnes. Nous avons été aidés évidemment par la vidéoprotection des communes. Et à partir de là, nous avons poursuivi nos investigations par des surveillances et des filatures »,
explique le capitaine.
Âgés de 21 et 22 ans, les voleurs de banquettes avaient déjà été condamnés pour des vols aggravés et du trafic de stupéfiants. Jugés en comparution immédiate, l’un d’eux aurait pris conscience de ses actes, selon son avocate. « Il y a notamment une victime qui est venue indiquer qu’elle était assurée au tiers, que ses banquettes lui ont coûté 11.000 euros parce qu’il a fallu s’endetter. Mon client a eu un mot à la fin de l’audience pour s’excuser »,
affirme-t-elle. Les deux jeunes hommes ont été condamnés à trois ans de prison, dont deux ferme. Leur complice sera jugé en 2027.
La rédaction de TF1info | Reportage : Laszlo GELABERT, Baptiste GUENAIS et Nesma GUIGUEN

