samedi, mai 2

Deux militants de la « Flottille pour Gaza » sont arrivés en Israël, samedi 2 mai, pour être interrogés. Ils appartiennent à l’équipage de la flottille humanitaire de plus de 20 bateaux, partie en avril des côtes européennes en direction de la bande de Gaza, et interceptée jeudi au large des côtes grecques par Israël. 

La décision israélienne a été qualifiée de « complètement illégale » par l’Espagne, pays d’origine de l’un des deux hommes.

Selon le ministère israélien des Affaires étrangères, l’Espagnol Saif Abu Keshek est « l’un des dirigeants » de la Conférence palestinienne pour les Palestiniens à l’étranger (PCPA), association caritative accusée par les États-Unis et Israël d’être affiliée au mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza.

Le Brésilien Thiago Ávila, l’un des principaux organisateurs de la flottille, « travaille avec PCPA et est soupçonné d’activités illégales », a aussi affirmé la diplomatie israélienne sur X samedi, indiquant que les deux hommes allaient être « interrogés ».

L’action d’Israël est « complètement illégale », a réagi le ministre espagnol des Affaires étrangères, rejetant tout lien entre Saif Abu Keshek et le Hamas.

« Je suis inquiet, parce que nous avons un citoyen espagnol qui est détenu illégalement, qui a été appréhendé dans les eaux internationales, en dehors de toute juridiction, par les autorités d’un autre État », a dit samedi à la radio espagnole José Manuel Albares, parlant d’une situation « inacceptable ».

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Pour le ministre, qui se base sur des informations dont dispose le gouvernement espagnol, « il est impossible d’établir le moindre lien » entre Saif Abu Keshek et le mouvement islamiste palestinien.

Israël « n’a apporté aucun élément de preuve pour appuyer cette accusation », souligne-t-il, et même si c’était le cas, « il existe des voies judiciaires en démocratie, en État de droit », pour les relayer.

Selon José Manuel Albares, qui a réclamé la « libération immédiate » de Saif Abu Keshek, le consul espagnol en Israël a été convoqué à la mi-journée au port d’Ashkelon pour le voir.

Sur X, la diplomatie israélienne avait indiqué que les deux hommes auraient « droit à une visite des représentants consulaires de leurs pays respectifs ».

Tensions renforcées entre l’Espagne et Israël

Quelques 175 militants avaient été arrêtés jeudi, sur une vingtaine de bateaux de cette nouvelle flottille visant selon ses organisateurs à briser le blocus israélien de la bande de Gaza, où l’accès à l’aide humanitaire reste fortement restreint.

L’arrestation, « menée pacifiquement » selon Israël, avait eu lieu à des centaines de kilomètres de Gaza, dans les eaux internationales au large de la Crète, bien plus loin des côtes israéliennes que lors des précédentes interceptions de flottilles.

Israël a relâché tous les militants en Grèce après un accord avec ses autorités, sauf Thiago Ávila et Saif Abu Keshek.

L’épisode « tend encore plus » les relations déjà exécrables entre l’Espagne et Israël, a reconnu le chef de la diplomatie espagnole.

Le Premier ministre Pedro Sánchez est l’une des voix européennes les plus critiques envers le gouvernement de Benjamin Netanyahu depuis qu’Israël a lancé son offensive dévastatrice contre Gaza, en réponse à l’attaque sans précédent du Hamas palestinien du 7 octobre 2023.

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Plusieurs pays comptant des ressortissants sur la flottille avait réagi à l’interception de la flottille. L’Espagne, la Turquie ou le Pakistan avaient notamment dénoncé « des violations flagrantes du droit international » par Israël.

À leur arrivée en Grèce, une trentaine de participants ont été hospitalisés pour « des premiers soins », selon les autorités grecques, qui n’ont pas donné de détails.

La flottille a publié sur X des vidéos montrant plusieurs militants blessés, avec des traces de coups à l’œil et au nez. « Nous avons essayé de les empêcher de garder Thiago et Saif et c’est à ce moment-là qu’ils nous ont battus », explique l’un d’eux.

Le Hamas a dénoncé ces violences présumées, et encouragé les militants internationaux à « poursuivre leurs efforts pour briser le siège et exposer les crimes de l’occupation (israélienne) contre notre peuple ».

Il s’agit de la deuxième tentative de la Flottille mondiale Sumud (« résilience » en arabe) d’accéder à la bande de Gaza. En 2025, à son premier voyage, plusieurs centaines de militants, dont la Suédoise Greta Thunberg et l’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan, avaient alors été arrêtés en mer, transférés en Israël puis expulsés.

Avec AFP

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