Avec notre correspondant de retour de l’Uttar Pradesh, Abdoollah Earally
En Inde, dans un bidonville de l’État d’Uttar Pradesh la chaleur dicte l’emploi du temps. Bhaagwati, âgée de 35 ans, ne cuisine qu’à l’aube et tard le soir : « Nous préparons à manger à 8 heures seulement. »
Pour cette famille, le seul combustible est le bois de récupération : « Nous prenons du bois dans la forêt et nous le brûlons pour la cuisson. »
Dans une telle chaleur, les abris de bâches et de bambous emprisonnent la température. Comment font alors Bhaagwati et ses six enfants âgés de 7 à 14 ans ? « Eh bien la journée, on s’assoit sous un arbre si l’arbre est frais, explique Bhaagwati. Mais la nuit, il faut rester en pleine chaleur et s’occuper des enfants, grands et petits. »
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La lutte solitaire des familles
Dans ce bidonville, l’électricité et les ventilateurs sont rares. Pour l’urbaniste Chirag Sharma, cette précarité force les familles à une lutte solitaire face à la canicule : « Elles passent leur temps à lutter pour leur survie, explique-t-il. Cette chaleur devient un fardeau de plus. Elles sont livrées à elles-mêmes. »
Entre chaleur et poussière, les jeux des plus jeunes s’inventent dans les décombres. Une courte parenthèse avant la marche inévitable vers l’eau, les bidons en équilibre sur leurs petites têtes.
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