samedi, juillet 25

  • Le feu qui ravage la Gironde a parcouru 14.000 hectares et détruit 53 maisons, annonce le ministre de l’Intérieur, invité du 20H de TF1 ce vendredi 24 juillet.
  • Avec l’inversion des vents en milieu d’après-midi, l’incendie s’est réorienté vers l’est et menace désormais la métropole bordelaise.
  • Le locataire de Beauvau annonce la réquisition de moyens militaires et de nouvelles évacuations.

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La situation a basculé (nouvelle fenêtre) en quelques heures. Parti mercredi de Saumos, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Bordeaux, l’incendie de Gironde a parcouru 14.000 hectares et détruit 53 maisons à Saumos, au Porge et à Lège-Cap-Ferret. La presqu’île du Cap-Ferret a été évacuée dans la journée, en partie par navettes maritimes vers Arcachon. Mais en milieu d’après-midi, une inversion des vents a réorienté les flammes vers l’est, en direction de l’agglomération bordelaise et de ses quelque 800.000 habitants.

Dans le même temps, un second front s’est ouvert dans les Landes. L’incendie déclaré jeudi après-midi sur la départementale 652, entre Biscarrosse et Sanguinet, a déjà parcouru plus de 2.500 hectares et n’était toujours pas sous contrôle ce soir. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a répondu ce vendredi 24 juillet aux questions d’Audrey Crespo-Mara dans le 20H de TF1. Il met en garde contre une situation inédite et annonce de nouvelles évacuations.

Nous allons réarticuler notre dispositif

Laurent Nuñez

Vous avez de nouvelles informations sur la situation dans l’agglomération de Bordeaux. Sont-elles préoccupantes ?

Oui, il s’agit du feu de la Gironde (nouvelle fenêtre) qui se dirigeait vers le Cap-Ferret et qui a conduit la préfète (…) à procéder à 110.000 évacuations. C’est un feu qui a parcouru 14.000 hectares et détruit 53 maisons. Et ce feu, on l’a appris au milieu de l’après-midi, avec l’inversion des vents, est un feu convectif, c’est-à-dire un feu qui s’autoalimente, de taille importante, très difficilement maîtrisable. Il part plutôt vers l’est et prend donc la direction de la métropole bordelaise. Nous allons réarticuler notre dispositif pour le combattre de manière terrestre et éviter qu’il ne progresse vers la métropole bordelaise.

Va-t-il y avoir des évacuations dans la métropole de Bordeaux ?

Il va y avoir des évacuations dans les communes en allant de l’ouest vers l’est, en se dirigeant vers la métropole bordelaise. Il faut bien comprendre que nous allons affronter un phénomène totalement inédit. C’est un feu convectif, avec un pyrocumulus, avec des phénomènes de projection de braises à des distances assez longues. Il nous faut donc absolument combattre ce feu par des moyens terrestres. J’ai proposé au Premier ministre, qui l’a accepté, de réquisitionner des moyens militaires qui vont venir renforcer nos sapeurs-pompiers, lesquels font un travail admirable.

Le combat contre ce feu convectif totalement inédit continue

Laurent Nuñez

La ville de Bordeaux est-elle menacée ?

Pour l’instant, non. Nous allons évidemment tout faire pour la protéger par des moyens terrestres, avec une réquisition de moyens militaires, avec nos sapeurs-pompiers. Nous allons déployer tout cela maintenant, dans les minutes et les heures qui viennent. Le combat contre ce feu convectif totalement inédit continue.

Quelles vont être les priorités ailleurs dans les prochaines heures ?

Sur la situation de la métropole bordelaise, une cellule interministérielle de crise va se réunir à 22h, présidée par le Premier ministre, pour faire précisément le point sur cette lutte contre le feu qui se dirige vers l’agglomération bordelaise. Ailleurs, nous avons le Var, où le feu n’est pas encore fixé. Il a détruit 2.850 hectares et près de 700 sapeurs-pompiers y sont engagés. Il y a des reprises ici ou là. Nous avons une cinquantaine de maisons impactées, dont 25 détruites. Et puis il y a Biscarrosse (Landes), dont vous avez parlé, où le feu se dirige maintenant vers Parentis-en-Born (nouvelle fenêtre). Huit mille personnes vont être évacuées, après les 23.000 qui l’ont déjà été dans la nuit et ce vendredi matin, 18.000 à Biscarrosse et 5.000 à Parentis-en-Born. Il y en aura donc 8.000 de plus à Parentis-en-Born.

Il y a une nécessité absolue de faire appel à des réquisiitons militaires

Lauren Nunez

L’aéroport de Bordeaux va-t-il être fermé ?

L’aéroport n’accueille déjà plus d’avions, compte tenu de la direction du panache vers la ville de Bordeaux. Il est actuellement fermé. Il y a une nécessité absolue, impérative, de déployer maintenant des moyens et de faire appel à des réquisitions militaires pour absolument empêcher le feu de converger vers l’est.

Quels militaires ?

Des militaires du génie, des militaires de toutes les armes. De la même façon, je fais converger des forces de sécurité intérieure vers cette zone, pour qu’elles procèdent comme elles l’ont fait de manière remarquable. Des policiers et des gendarmes aident déjà à l’évacuation des personnes, comme ils l’ont fait avec les maires, qui se sont énormément impliqués, notamment au Cap-Ferret mais aussi dans les Landes, en déployant leurs plans communaux de sauvegarde, avec les polices municipales. Cette situation est totalement inédite, mais nous sommes évidemment déterminés à faire front, à faire face.

L’ensemble de la hiérarchie de la sécurité civil le dit : ‘on n’avait jamais vu ça’

Laurent Nuñez

On a vu dans nos reportages que les pompiers sont fatigués. Doivent-ils se préparer à un long combat ?

Oui, ils sont fatigués (nouvelle fenêtre), je vous le confirme, et je veux vraiment saluer leur détermination et leur courage. Une cinquantaine d’entre eux ont été blessés aujourd’hui, à cause des fumées, avec un peu moins d’une dizaine de prises en charge en milieu hospitalier. Ils vont être renforcés maintenant par des moyens militaires pour lutter contre cette situation totalement inédite. L’ensemble de la hiérarchie de la sécurité civile française le dit très clairement : on n’avait jamais vu un feu convectif de cette ampleur.

Le retournement de situation a eu lieu il y a à peine deux ou trois heures

Laurent Nuñez

Ce matin, Emmanuel Macron a demandé l’aide de l’Europe. Cela signifie-t-il clairement que la France ne peut plus, à elle seule, venir à bout de tous ces feux ?

C’est le principe même du mécanisme européen de protection civile : quand un État a besoin de renfort parce qu’il fait face à une situation inédite, et c’est le cas, il le sollicite. Je veux vous dire que le retournement de situation a eu lieu il y a à peine deux ou trois heures. Hier, nous avons donc demandé des moyens européens supplémentaires. Au-delà des moyens que nous avons employés aujourd’hui, avec douze moyens aériens (nouvelle fenêtre) qui tournaient en permanence sur la zone, et des moyens terrestres extrêmement importants, nous avons effectivement obtenu le concours d’un Canadair croate et d’avions bombardiers d’eau, quatre pour être précis, deux donnés par le Portugal, deux autres par la Suède. Nous avons également deux hélicoptères bombardiers d’eau, l’un donné par la République tchèque, l’autre par la Slovaquie. Les pays européens ont répondu à notre appel, il faut s’en féliciter.

Ces incendies peuvent être provoqués par un véhicule en mauvais état, trop souvent par un pyromane ou par un jet de mégot… Les sanctions doivent-elles être plus sévères pour les responsables ?

Je me suis rendu il y a quarante-huit heures sur site, malheureusement pour rendre hommage aux deux sapeurs-pompiers professionnels décédés à Mérignac. Le procureur de Gironde a bien dit qu’il allait durcir les sanctions. Il faut évidemment faire extrêmement attention aux jets de mégots, aux barbecues et autres, parce que compte tenu de la situation actuelle, une sécheresse importante, et nos forêts du Sud-Ouest où la végétation est dense, le moindre feu se transforme en feu convectif de nature à nous échapper. Encore une fois, la hiérarchie de la sécurité civile française considère que nous sommes confrontés à une situation totalement inédite, en tout cas bien au-delà de ce que nous avons connu en 2022.

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