- La police nationale a interpellé, ce mercredi 8 avril, 11 agents municipaux du commissariat de Villeneuve-Saint-Georges.
- Ils ont été placés en garde à vue pour des faits de violences aggravées, de faux en écriture publique ou encore de vol.
- Un coup de filet qui divise les habitants, rencontrés par une équipe du JT de TF1.
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Le 20H
Un dispositif inédit et colossal. Mercredi 8 avril, dans l’après-midi, une quarantaine de policiers nationaux sont venus interpeller 11 des 17 agents municipaux du commissariat de Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne. Ils ont été placés en garde à vue pour des faits de violences aggravées, faux en écriture publique, violation de domicile, vol et dégradations.
Qu’est-ce qui a pu motiver ce coup de filet, décidé par le parquet de Créteil ? Une équipe du JT de TF1 a interrogé les habitants de la commune, dans le reportage en tête de cet article. Certains racontent des faits de violences et des interpellations musclées. Sur une vidéo filmée en janvier dernier, visible ci-dessus, une personne est par exemple mise à terre par au moins six policiers et crie à l’aide.
« Je n’arrivais pas à respirer »
Un homme de 35 ans s’est confié devant nos caméras : après un match de foot, il aurait reçu du gaz lacrymogène de la part d’agents municipaux et se serait réfugié dans un bar. « Je me suis enfermé dans les toilettes. Quand j’étais à l’intérieur, ils m’ont gazé sous la porte. Comme je n’arrivais pas à respirer, j’ai ouvert la porte. Il y avait déjà le taser qui était prêt. Le premier coup, il me l’a mis ici, fort ! »
,
raconte-t-il, en pointant sa poitrine. Il nie pourtant tout comportement menaçant à l’égard des policiers. Cet épisode lui a valu quinze jours d’arrêt de travail. Il a porté plainte.
Dans la commune, les avis divergent pourtant sur les actions de la police municipale. « On leur a demandé de faire régner l’ordre, ils font régner l’ordre ! »
, plaide Cathy. « Oui, mais il y a une certaine éthique à avoir quand tu es policier ! »
, rétorque son voisin, dans le reportage ci-dessus. Cathy reconnaît des méthodes parfois brutales, mais les juge nécessaires face au trafic de drogue qui touche Villeneuve-Saint-Georges : « Je trouve que la ville va beaucoup mieux et qu’il y a eu un changement. On a trop d’incivilités, ici »
, affirme-t-elle.
La maire apporte son soutien aux agents
De son côté, la maire LR Kristell Niasme regrette ces interpellations : « Je tiens à souligner le travail qui est fourni par nos agents, leur rappeler mon soutien plein et entier. Ça met en lumière toute la difficulté qu’il y a à travailler sur nos territoires »
, déclare-t-elle. Selon elle, treize plaintes ont été déposées pour des violences subies par des policiers municipaux.
L’enquête a été confiée aux policiers de la ville de Choisy-le-Roi. Ce jeudi 9 avril au soir, les 11 agents municipaux étaient toujours entendus dans trois commissariats de la police nationale.











