jeudi, octobre 1

  • Entre la mammographie, la biopsie et le résultat, plusieurs jours, parfois plusieurs semaines, peuvent s’écouler dans le doute.
  • Luz, Sophie et Marie-Pierre ont traversé ce temps suspendu et racontent ce qui les a aidées à tenir.
  • En ce mois d’Octobre Rose, leurs récits rappellent qu’un examen complémentaire est d’abord une précaution, et que l’attente se prépare.

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Le téléphone posé sur la table, les nuits où l’esprit invente mille scénarios, le cœur qui s’emballe à chaque appel masqué. Pour beaucoup de femmes, le cancer du sein commence par ce temps suspendu entre un examen et son résultat. Luz le connaît par cœur.

Une biopsie de plus, par précaution

En 2013, Luz vit à Singapour et attend son troisième enfant quand elle remarque une grosseur sur sa poitrine. Sa gynécologue prend l’alerte au sérieux. La première biopsie révèle quelques cellules atypiques, sans signe de malignité. La médecin insiste pourtant pour en pratiquer une seconde. « Elle m’a vraiment sauvé la vie », confie aujourd’hui à TF1info la fondatrice de l’association C My New Me (nouvelle fenêtre).

À Moissac, Sophie vit un scénario proche, en octobre 2017. Lors d’un contrôle de routine, le radiologue repère « une nouvelle tâche, sans doute rien de grave, mais faites une biopsie quand même ». Trois semaines plus tard, le diagnostic tombe. « Quel bon conseil », écrit-elle dans le recueil « Plus jamais seuls face au cancer » paru aux éditions Marie B. Un examen complémentaire ne signe pas une condamnation. Il permet de ne rien laisser au hasard.

Remplir le temps plutôt que le subir

Pour traverser ces jours-là, Luz s’est mise en mouvement. Dossier de mutuelle, organisation de l’accouchement, recherche d’un anesthésiste habitué aux femmes enceintes… « Il y avait un milliard de choses à faire », se souvient-elle. Après la naissance de son fils, elle patiente encore dix-huit jours avant le résultat du PET scan, l’examen qui dira si la maladie s’est propagée. Puis sa gynécologue l’appelle, radieuse. « It’s clear ! » Aucune métastase. « On sautait de joie. »

À Toulouse, Marie-Pierre a appris sa maladie quelques jours après ses 42 ans. Avant les résultats de sa biopsie, elle rêvait de son enterrement et se réveillait « plus en vie que jamais ». Cette urgence de vivre l’a portée tout au long des traitements.

Nada Benzakour, hypnothérapeute elle-même passée par la maladie et fondatrice de SILAPS, un outil de soutien émotionnel, invite à trier « ce que l’on sait réellement, ce que l’on imagine et ce sur quoi on peut agir aujourd’hui ». On ne maîtrise pas le résultat d’une biopsie, mais on peut limiter les recherches compulsives sur Internet, continuer à bouger, protéger son sommeil et parler à une personne de confiance. « Il ne s’agit surtout pas de “penser positif” mais plutôt d’éviter de vivre psychologiquement dix catastrophes avant même de savoir si l’une d’entre elles existe. » Le service Cancer info de l’Institut national du cancer répond gratuitement au 0 805 123 124. Lors de cette période si particulière, leur oreille est précieuse, leur écoute clef. 

La rédaction de TF1info | Lucie BRASSEUR

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