« Nous rejetons l’appel des demandeurs » contre leur verdict et leur peine, a déclaré le juge Jeremy Poon de la Haute Cour de Hong Kong. Les 12 condamnés qui faisaient appel font partie d’un groupe de 45 militants reconnus coupables de « subversion » et emprisonnés en 2024 pour avoir organisé une primaire officieuse de l’opposition avant les législatives, avec l’objectif de forcer Carrie Lam, la dirigeante pro-Pékin de l’époque, à la démission.
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Après les manifestations massives à partir de 2019 en faveur de la démocratie dans l’ancienne colonie britannique, 610 000 personnes avaient voté lors de cette primaire en juillet 2020, malgré les avertissements des autorités, soit près d’un septième des électeurs de Hong Kong. Pékin a depuis instauré un contrôle strict des élus de Hong Kong.
Quelques mois plus tard, 45 personnes avaient été arrêtées pour l’organisation des primaires, puis condamnées à des peines allant de quatre ans et deux mois à dix ans de prison. Lundi, le juge en chef de la Haute Cour de Hong Kong, Jeremy Poon, a déclaré que ce scrutin avait été conçu comme une « arme constitutionnelle de destruction massive ». « La poursuite du suffrage universel ne donne pas le droit (…) de se lancer dans un plan (…) dans le but d’interférer gravement avec l’ordre constitutionnel ou de le détruire », a-t-il détaillé.
Un verdict « absurde »
Les appels concernaient notamment l’ancien député Leung Kwok-hung, connu sous le sobriquet de « Cheveux longs », l’ex-journaliste Gwyneth Ho qui a documenté les manifestations, le candidat au parlement Owen Chow, 29 ans et l’ancien étudiant infirmier, Gordon Ng, un militant australo-hongkongais de 47 ans, et Lam Cheuk-ting, 48 ans, un ancien député. La militante pro-démocratie Chan Po-ying, épouse de Leung Kwok-hung, a qualifié le verdict d’« absurde ».
Selon Fernando Cheung, le porte-parole d’Amnesty International Hong Kong Overseas, la cour a « manqué une occasion cruciale de corriger cette injustice massive ».
Les autorités de Pékin et Hong Kong affirment que la loi sur la sécurité a contribué à rétablir l’ordre à la suite des manifestations, parfois violentes, de 2019, mais la condamnation des militants avait provoqué en 2024 de nombreuses protestations internationales.










