- L’association Antoine Alléno a annoncé ce mercredi avoir lancé une action en justice contre les sociétés responsables de la fabrication et de la distribution des bonbonnes de protoxyde d’azote de la marque Cream Deluxe.
- Selon Yannick Alléno, président de l’association, ces producteurs « utilisent des biais de communication trompeurs auprès de nos jeunes ».
- L’association demande la cessation des activités de ces entreprises en France.
L’association Antoine Alléno continue de lutter contre les dangers du protoxyde d’azote. Elle a annoncé ce mercredi 22 avril à l’AFP avoir lancé une action en justice contre des sociétés chinoise et polonaise qu’elle accuse d’être responsables de la fabrication, du marketing et de la distribution des bonbonnes de protoxyde d’azote de la marque Cream Deluxe. Cylindres dont l’usage serait « détourné »
, selon l’association.
La marque prétend que les bonbonnes servent à créer des boissons
Sur le site de Cream Deluxe, une entreprise peut se procurer de grandes quantités de ces bonbonnes de gaz aromatisé, aux visuels colorés rappelant l’univers de la fête et des vacances. « Un moyen simple de faire une bonne fête, la clé pour passer une soirée inoubliable »
, fait valoir cette marque, qui prétend que ces bonbonnes de 666 grammes ou de 2 kilogrammes sont destinées à « la création de boissons et cocktails »
.
Or, ces bonbonnes ne sont jamais utilisées dans les cuisines, selon le chef étoilé Yannick Alléno, président de l’association Antoine Alléno, qui porte le nom de son fils mort en mai 2022 après avoir été percuté par un chauffard. « Je n’en ai jamais vu et je n’en verrai jamais »
, a-t-il assuré.
« Ils utilisent des biais de communication trompeurs auprès des jeunes »
« Cette action de groupe va nous permettre d’attaquer les producteurs de protoxyde d’azote qui utilisent des biais de communication trompeurs auprès de nos jeunes »
, a indiqué Yannick Alléno à l’AFP. Selon l’association, les bonbonnes sont fabriquées par l’entreprise chinoise Zhuzhou Xingye Chemical, et la marque est gérée par IVM Firma Handlowa, une entreprise polonaise qui assure aussi la distribution, grâce à son propre site internet ou des sites de vente en ligne comme Ebay.
Dans son assignation pour pratiques commerciales déloyales, l’association demande au tribunal judiciaire de Paris de condamner ces entreprises à cesser leurs activités en France, sous peine d’une astreinte financière, et à verser 25.000 euros à l’association pour ses frais de justice. Si la vente de contenants de protoxyde d’azote de plus de 8,6 grammes est interdite aux particuliers depuis 2021, Cream Deluxe encourage les entreprises à se fournir sur son site, évoquant un secteur « en expansion permanente »
. Un « cynisme certain »
de ces deux entreprises, a dénoncé auprès de l’AFP Benoît Javaux, avocat associé du cabinet Squadra, qui espère une « sanction par les pouvoirs publics et par le tribunal »
.
Plus de 450 accidents routiers graves liés au protoxyde d’azote
Le protoxyde d’azote « a des effets importants sur la santé publique : des jeunes perdent la mobilité, il y a des brûlures, des accidents »
, a déclaré Yannick Alléno, qui a en outre appelé le gouvernement à publier le décret établissant la liste des substances psychoactives, comme le protoxyde d’azote, constitutives du délit d’homicide routier. Plus de 450 accidents routiers graves liés au protoxyde d’azote (nouvelle fenêtre) ont été recensés en 2025, soit quarante fois plus qu’il y a six ans, selon les chiffres de 40 Millions d’automobilistes (nouvelle fenêtre).
Le gouvernement a diffusé le 7 avril une campagne de prévention « choc » pour alerter sur les risques de l’usage détourné du protoxyde d’azote, dont l’inhalation peut provoquer des atteintes du système nerveux, une altération des facultés cognitives, ainsi que des troubles de l’équilibre et des réflexes, créant un risque accru en cas de conduite sous emprise. Ce « gaz hilarant » est aussi au cœur du projet de loi « Ripost », attendu au Sénat le 18 mai. Un texte qui prévoit notamment de faire de l’inhalation de protoxyde d’azote un délit passible d’une peine allant jusqu’à un an d’emprisonnement et de 3.750 euros d’amende, et de punir jusqu’à trois ans de prison et 9.000 euros d’amende la conduite sous son emprise.











