Avec la découverte de nouveaux infectés à l’hantavirus et l’envoi des passagers du MV Hondius ou des cas contact aux quatre coins de la planète, la crainte de voir émerger une nouvelle pandémie commence à se répandre dans certaines têtes. Pourtant, malgré des zones de flou, autant sur la gravité que la transmissibilité de l’hantavirus de la souche des Andes, le professeur Gilles Pialoux balaye à ce stade l’hypothèse d’une pandémie et croit plutôt, dans le pire des cas, à une « épidémie circonscrite ».
« On n’est pas dans une crainte de pandémie, il y a beaucoup d’éléments qui vont contre l’idée d’une pandémie, il faut être très clair là-dessus », tranche le chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon sur BFMTV-RMC ce mardi 12 mai.
Selon son hypothèse, l’hantavirus des Andes a dépassé les Amériques grâce à une conjugaison de plusieurs événements rares, qui ne laissent pas penser à une pandémie rapide et globale comme on a pu le connaître avec le Covid-19. « Il y a une transmission interhumaine qui est rare, le tout dans un univers confiné d’un bateau de croisière, avec des ‘super-spreaders’ (des personnes qui contaminent plus que d’autres, NDLR), comme le cas index. »
« Rien à voir avec le Covid »
À ce stade, grâce notamment à un article scientifique datant de 2020 relatant d’un foyer d’hantavirus en Patagonie, les chercheurs estiment que la transmission se fait « à 75% par le contact proche et pas les fluides corporels », souligne le professeur Gilles Pialoux. Durant l’épisode en Patagonie il y a plusieurs années, les scientifiques ont rapporté une transmission par aérosol pour six cas. « Rien à voir avec le Covid », assure le spécialiste des maladies infectieuses et tropicales. « Là, la contagion est moindre ».
Le chef de service à l’hôpital Tenon de Paris insiste sur le caractère exceptionnel de la situation. Concernant la Française rapatriée placée en réanimation, il s’agit par ailleurs, à sa connaissance, de la « première fois qu’un service sanitaire européen prend en charge un patient atteint de ce virus des Amériques, à la transmission interhumaine exceptionnelle ».
Désormais placés au sein des systèmes de santé de leurs pays respectifs, les patients confirmés vont pouvoir apporter des informations sur le virus, tout comme les cas contact. Un point positif à ne pas négliger, appelle enfin le professeur. « L’Europe va échanger pour faire avancer la recherche et à la prévention », espère-t-il, notamment sur le taux de personnes asymptomatiques et leur taux de contagion, des informations encore inconnues.
Article original publié sur BFMTV.com











