- Au cours d’une vague de frappes nocturnes, le 23 mai dernier, la Russie a utilisé plusieurs Orechnik.
- L’un de ces missiles hypersoniques a frappé par erreur la République populaire de Donetsk, ce territoire annexé en 2014 par Moscou, selon Le Monde.
- Vladimir Poutine, se refusant à confirmer une erreur, a évoqué une frappe « expérimentale ».
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Ukraine : la guerre entre dans sa 5ᵉ année
Quand la Russie bombarde par erreur les territoires qu’elle a annexés en 2014. C’est ce qui s’est passé le 23 mai dernier sur une agglomération de la République populaire de Donetsk (RPD), où s’est écrasé un Orechnik, ce missile de portée intermédiaire capable d’emporter une ogive nucléaire.
Dès le 24 mai, le ministère de la Défense russe avait reconnu l’utilisation des missiles Orechnik pour viser l’Ukraine dans des bombardements nocturnes, affirmant n’avoir visé que des cibles militaires. Bilan : quatre morts et plus de cent blessés. Volodymyr Zelensky, lui, avait alors assuré que trois missiles avaient été recensés. Un quatrième tir a eu lieu, mais il s’est arrêté dans une zone sous contrôle russe.
Un « caractère expérimental »
Selon Le Monde (nouvelle fenêtre), qui s’appuie sur des experts en sources ouvertes, ce tir avait été repéré dès le 23 mai grâce à une vidéo capturée par une caméra de surveillance montrant les salves depuis un centre commercial à Donetsk. Selon le quotidien, l’information relatant cette erreur de l’armée russe allait être révélée jeudi 4 juin par des sources sécuritaires européennes. Vladimir Poutine a préféré prendre les devants, préférant parler de test plutôt que d’erreur.
Selon le maître du Kremlin, qui s’est exprimé jeudi en marge du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, ces frappes n’avaient pas un caractère « opérationnel, mais expérimental ».
Les missiles « ont frappé là où il était aisé d’observer les résultats. Cela concerne aussi bien Bila Tserkva (ndlr : dans la région de Kiev) que la région de la RPD. Par la suite, nos drones ont survolé la zone et analysé les impacts au millimètre près. Il est crucial pour nous d’évaluer les effets de l’utilisation de l’Orechnik sur des objectifs situés notamment en zone urbaine
« , a détaillé Vladimir Poutine, selon le journal russe Kommersant
(nouvelle fenêtre).
L’usage de l’Orechnik par la Russie demeure peu fréquent depuis le début du conflit. Avant le mois de mai dernier, Moscou en a fait usage à deux reprises : en novembre 2024 contre une usine militaire et en janvier 2026 contre une usine aéronautique de l’ouest de l’Ukraine, près des frontières de l’Otan. Dans les deux cas, les missiles n’étaient pas chargés d’ogives nucléaires.




