- L’armée ukrainienne a multiplié ces derniers mois les frappes sur le sol russe.
- Des infrastructures sont touchées, parfois à des centaines de kilomètres de la frontière.
- Un défilé militaire à Moscou, prévu le 9 mai, a revu son organisation à cause de la « menace terroriste ».
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Ukraine : la guerre entre dans sa 5ᵉ année
Pas de matériel militaire au défilé du 9 mai à Moscou cette année. C’est l’annonce faite ce mercredi par la Russie en raison, selon le Kremlin, de la « menace terroriste »
posée par l’Ukraine. Une « menace »
capable de cibler la capitale mais aussi d’autres territoires reculés du pays, posant ainsi un défi considérable à Vladimir Poutine.
Entrée dans sa cinquième année, l’offensive russe mobilise d’importantes ressources militaires. Kiev y répond en ciblant toujours plus profondément le territoire russe avec ses drones et ses missiles. L’an dernier, dans les jours précédant le défilé, l’Ukraine avait multiplié les frappes de drones, visant notamment Moscou et provoquant le retard ou l’annulation de centaines de vols. Bis repetita cette année ? Tout porte à croire que l’armée ukrainienne devrait jouer les trouble-fêtes, tant ses capacités ont progressé ces derniers mois.
Des installations ciblées à plus de 1.500 km de la frontière
Les vastes installations pétrolières de Touapsé, cette ville côtière du sud de la Russie, ont par exemple été frappées à trois reprises par des drones ces dernières semaines. L’attaque la plus récente, dans la nuit de lundi à mardi, a entraîné l’instauration locale de l’état d’urgence et une épaisse colonne de fumée. Les attaques ne se limitent pas à cette zone côtière située à environ 400 km de l’Ukraine : selon The Moscow Times
(nouvelle fenêtre), « des drones ukrainiens ont attaqué des installations du secteur de l’énergie russe à plus de 1.500 kilomètres de la frontière »
le 29 avril. Plus précisément dans les régions d’Orenbourg et de Perm, où « des sites industriels ont pris feu »
, selon les autorités locales.
Fin mars, des drones avaient également visé les régions de Moscou et de Léningrad, où se trouve l’important port d’Oust-Louga, dans le golfe de Finlande. Kiev a affirmé y avoir frappé le terminal pétrolier avec des drones ayant parcouru « plus de 900 kilomètres »
, selon les services de sécurité ukrainiens. L’Etat-major a également revendiqué une frappe sur un brise-glace de combat sur le chantier naval de Vyborg, dans la région de Leningrad qui enserre la ville de Saint-Pétersbourg, à plusieurs centaines de kilomètres de l’Ukraine.
Selon le média Vot Tak, qui a recensé « au moins douze infrastructures pétrolières touchées depuis le début du mois »
, la protection du territoire russe est devenue « physiquement impossible »
pour l’armée de Vladimir Poutine. Interrogé, un expert militaire, Ivan Lysyuk relève que les frappes ont été en 2025 « trois fois plus nombreuses »
qu’auparavant et qu’elles ont lieu « littéralement chaque jour
» en 2026.




