Le porte-avions Charles de Gaulle a passé le détroit de Gibraltar ce vendredi 6 mars en direction de la Méditerranée orientale.
Depuis le déclenchement du conflit, la France a déjà renforcé ses moyens militaires. Dans la région des avions Rafale, des systèmes de défense aérienne, des radars aéroportés ont été déployés. Une frégate, le Languedoc, a aussi été envoyée au large de Chypre et un porte-hélicoptères amphibie doit rejoindre ce dispositif. Leur rôle : assurer la sécurité des ressortissants français et des bases françaises dans la région, mais aussi la sécurité des alliés.
La France est liée par des accords de défense à plusieurs pays du golfe Persique : le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis. La France entretient aussi des liens solides avec la Jordanie, l’Irak et notamment avec les Kurdes. Et donc concrètement, l’implication militaire française pourrait se traduire par des opérations d’interception de missiles, comme en juin 2025. C’est ce que rappelle Michel Duclos, conseiller spécial géopolitique et diplomatie à l’Institut Montaigne.
« Au moment de la guerre des douze jours, nous avions intercepté des missiles iraniens qui passaient au-dessus de la Jordanie. C’est le type d’action qu’effectivement on pourrait mener, surtout que les défenses israéliennes sont puissantes. Mais on avait vu qu’en fait, les Israéliens, par leurs propres moyens, n’avaient intercepté que 40 % des missiles. Les autres, c’était beaucoup les Américains et la France et le Royaume-Uni », explique-t-il.
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Paris cherche à éviter que le conflit ne déborde au Liban
La France s’efforce également de se poser en médiateur pour éviter que le conflit ne déborde au Liban. Emmanuel Macron a lancé un message alarmiste jeudi sur le réseau social X. Le président français a appelé le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu à ne pas étendre la guerre au Liban.
« Quel que soit le contentieux que l’on puisse avoir avec le Hezbollah, ce que l’on redoute, c’est la destruction du pays tout entier, qui n’est pas forcément d’accord avec ce que fait le Hezbollah. Donc, en raison de ces liens historiques, la France est très soucieuse que tout cela ne se fasse pas à un coût exorbitant pour le Liban », souligne Michel Duclos.
Pas sûr cependant que Benyamin Netanyahu fasse grand cas de cet appel d’Emmanuel Macron.
Les opérations de rapatriement des Français, une priorité
D’après les chiffres du Quai d’Orsay, quelque 5 000 ressortissants français ont demandé à rentrer en urgence. Environ 2 000 d’entre eux sont déjà rentrés grâce aux vols de rapatriement et par les vols commerciaux. Mais Paris a indiqué avoir obtenu des Émirats arabes unis plus de vols commerciaux et de plus grande capacité pour accélérer ces retours.
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu invite les chefs de partis, les présidents du Sénat et de l’Assemblée et les présidents des commissions parlementaires concernées à une réunion mercredi prochain, afin de les informer de « l’état de la menace et du positionnement de la France » dans le conflit, a annoncé Matignon.
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