dimanche, septembre 6

Cette visite est un signal politique pour faire comprendre à Donald Trump que l’Union européenne reste engagée aux côtés du Danemark, car le président étatsunien n’a pas renoncé à vouloir mettre la main sur ce territoire autonome danois, comme le rappelle le chercheur sur les enjeux arctiques à l’université du Québec à Trois-Rivières, Mikaa Blugeon-Mered, au micro de Julien Chavanne de la rédaction internationale de RFI.

Le Groenland reçoit régulièrement des visites de membres de l’administration Trump, d’émissaires, de donateurs ou d’hommes d’affaires proches du président des États-Unis. « L’enjeu aujourd’hui pour l’Union européenne, c’est de faire en sorte que le Groenland ne quitte pas le giron d’influence européen. C’est de faire en sorte de soutenir, bien sûr, l’action du Danemark ».

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En début d’année, Donald Trump s’était montré particulièrement brutal dans ses vélléités de contrôle du Groenland. On se souvient que le président des Etats-Unis avait notamment chercher « activement » un moyen d’acheter le territoire. Un groupe de travail trilatéral se réunit depuis pour chercher un accord pour sortir de cette crise.

À Nuuk, la présidente von der Leyen doit rencontrer le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, et la Première ministre du Danemark, Mette Frederiksen. Au cours de cette visite, elle rencontrera également le Premier ministre des îles Féroé, Beinir Johannesen.

Pour plus de coopération sécuritaire

Pour l’UE, c’est aussi l’occasion de réaffirmer la complémentarité entre l’Otan et l’Union européenne, souligne le chercheur. La visite de Von der Leyen coïncide avec le début de l’exercice Arctic Shield, « un grand exercice militaire au Groenland sous l’égide de l’OTAN, qui va rassembler plus d’une dizaine de nations, avec 400 militaires, et qui est de fait un exercice qui se veut là aussi préparer la résilience du Groenland vers par rapport à tout ennemi, et cet ennemi, ça pourrait être aussi les États-Unis. »

L’administration Trump reproche aux Danois de négliger la sécurité arctique et souhiate avoir accès à de nouvelles bases militaires. Selon des informations du New York Times, le Pentagone souhaite s’implanter sur Narsarsuaq, ville au sud du territoire, qui dispose d’un port en eau profonde, et sur Kangerlussuaq, au sud-ouest, dont l’aéroport peut accueillir des gros porteurs.

Face aux pressions étatsuniennes, Copenhague a réinvesti dans la région, tout comme l’Otan, avec la mission Arctic Sentry lancée en février, puis avec cette dernière opération Arctic Shield, qui va courir jusqu’au 18 septembre.

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En quête de financements européens

À l’occasion de cette visite de deux jours, la présidente de la Commission doit réaffirmer son engagement de début d’année d’augmenter massivement les investissements de l’Union européenne sur le territoire. Bruxelles a également proposé de doubler l’aide directe de l’UE au Groenland pour la porter à 530 millions d’euros dans le cadre du prochain budget de l’Union pour la période 2028-2034.

« Ce que les Groenlandais attendent de tous ceux qui viennent au Groenland, reprend Mikaa Blugeon-Mered, ce sont des investissements. Que ce soit les Américains, des Canadiens, des Australiens ou des Européens, c’est toujours la même chose : si vous voulez véritablement qu’on ait une relation parce que vous avez un intérêt stratégique à ce que nous fassions partie de votre sphère d’influence, eh bien, investissez, démontrez-le.

La relation entre l’Union européenne et le Groenland est importante parce qu’aujourd’hui l’UE est le 2e contributeur au budget du gouvernement autonome du Groenland, après la contribution danoise elle même ; et c’est une contribution qui est axée sur le volet logement, sur le volet santé, le volet culture.

Il y a aussi la dimension tourisme, bien sûr, essayer de faire venir des Européens au Groenland pour alimenter ce secteur sur lequel les Groenlandais comptent beaucoup. Tous ces éléments là, ils doivent se traduire par des investissements. Ça peut pas être juste une déclaration d’intention. »

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