Chassé-croisé sur le thème du réchauffement. Alors que le ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, se rendra à Paris dans « quelques jours », le ministre de la Justice Gérald Darmanin est attendu en Algérie ce lundi 18 mai. Une visite express de 24 heures mais au cours de laquelle la chancellerie a promis d’aborder « de nombreuses choses ». Officiellement, il s’agit pour le Garde des Sceaux de « renouer les relations juridiques » avec Alger, lesquelles sont en l’état jugées « non nulles mais très ralenties ».
L’ambassadeur de France de retour en Algérie, Macron espère un dégel des relations avec Tebboune
Après les déplacements du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez durant l’hiver et de la ministre française déléguée aux Armées Alice Rufo début mai, qui ont permis d’amorcer la détente voulue par Emmanuel Macron, Gérald Darmanin est sans doute le ministre le plus politique à se déplacer de l’autre côté de la Méditerranée. Il emmène d’ailleurs avec une lui une délégation conséquente de magistrats, dont la procureure nationale anti-criminalité organisée (PNACO), ou encore le procureur national financier (PNF).
Objectifs de tout ce petit monde, faciliter les processus juridiques entre les deux pays, et aborder les sujets qui font mal « en amis », « même si les amis ne sont pas toujours d’accord », assure la Chancellerie. Une coopération qui, en France, doit par exemple permettre de renforcer la lutte contre le narcotrafic, le terrorisme, ou encore contre la délinquance économique et financière transnationale. Il sera, entre autres, question des biens mal acquis mais aussi de la DZ Mafia.
Gérald Darmanin en sherpa diplomatique de l’Élysée
Derrière ces dossiers en droite ligne de la place Vendôme, c’est néanmoins en véritable sherpa diplomatique du président Macron que Gérald Darmanin se rend sur place. Pour mettre le sort de Christophe Gleizes en haut de la pile ? Le dossier occupera une bonne partie du déplacement, promet-on.
Pour l’instant, aucun rendez-vous officiel n’est prévu à l’agenda avec le chef d’État algérien, mais la chancellerie loue les « bonnes relations du ministre avec le président Tebboune », et « le lien de confiance » noué lors de ces cinq déplacements en Algérie depuis qu’il est ministre.
Gage que les visites de ministres français portent leurs fruits, le journaliste de So Foot condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », a pu récemment bénéficier d’une visite consulaire. Surtout, il a refusé le mois dernier de se pourvoir en cassation, ouvrant la voie à une possible grâce présidentielle. Pas question donc de trop en dire, au risque de froisser les « sensibilités » diplomatiques des plus hautes instances algériennes et saboter toute avancée concrète. Toute juste le ministre se veut-il le « porteur d’un message » élyséen.
Et une opération revanche face à Retailleau
D’un point de vue purement français, cette visite aura sans aucun doute le goût de revanche pour l’ancien maire de Tourcoing dans le duel qui s’était installé face à Bruno Retailleau, lors de leur cohabitation au sein de l’exécutif de François Bayrou. Pendant des mois, celui qui fut quatre ans le premier flic de France n’a pu qu’assister aux moulinets et autres embardées menaçantes de son successeur dans le dossier algérien. Quand « Gérald Darmanin ministre de l’intérieur [lui] n’a jamais mis de l’huile sur le feu », il se contente désormais « de faire son office », vante son entourage.
Le Vendéen déjà visé par Emmanuel Macron qui fustigeait en avril « les mabouls qui nous expliquent qu’il faudrait se fâcher avec l’Algérie », aurait tort de ne pas se sentir à nouveau épinglé. « Tout le monde a vu qu’en 2025, le fait de crier très fort contre l’Algérie n’a pas servi à grand-chose », tance-t-on place Vendôme, avançant même que la distance diplomatique a condamné à l’échec les opérations contre la DZ Mafia. En attendant une éventuelle victoire diplomatique de Paris, le nordiste entend peut se régaler lui d’une victoire politique.
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