- Les pays membres du G7 se retrouvent ces jeudi 23 et vendredi 24 avril à Paris pour des discussions autour de l’environnement.
- Notion pourtant clé des enjeux environnementaux, la question du dérèglement climatique sera absente des échanges.
- Une volonté assumée par les pays membres, qui ne veulent pas froisser les États-Unis et leur dirigeant notoirement climatosceptique.
Un sommet pour la planète. Le G7 Environnement, qui rassemble la France, les États-Unis, l’Allemagne, le Canada, l’Italie, le Japon, et le Royaume-Uni, s’ouvre ce jeudi 23 avril à Paris. Pendant deux jours, les ministres de l’Environnement des pays membres échangeront autour de cinq notions clés : la protection de la biodiversité, la lutte contre la désertification, la préservation des océans, les ressources en eau, et la résilience du secteur immobilier.
Un sujet pourtant brûlant reste absent de l’ordre du jour : celui du dérèglement climatique. Il ne s’agit pas là d’un oubli mais d’une volonté de ne pas froisser les États-Unis, dont les politiques climatiques n’ont fait que reculer depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. La France, qui préside ce sommet, assume de ne « pas aborder de front la question du climat »
. Selon l’entourage de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, l’organisation a « souhaité privilégier l’unité du G7 »
en choisissant de « se concentrer sur des sujets moins conflictuels »
, rapporte l’AFP.
Retour en arrière sur les questions climatiques
Le Réseau Action Climat, qui regroupe de nombreuses associations environnementales, dénonce une « prise d’otages »
de la France et des autres pays membres par le géant américain : « L’influence des États-Unis au sein du G7 reste déterminante, orientant largement les priorités et les dynamiques du groupe »
, rappelle l’organisation dans un rapport publié sur son site. « Il apparaît extrêmement problématique que les discussions du G7 se fassent sous l’influence d’un agenda unilatéral. »
L’association souligne que Washington ne « peut pas être considéré comme un allié fiable »
dans la lutte environnementale, « au regard de l’hostilité frontale de l’administration américaine vis-à-vis de l’Europe, combinée à une relance assumée des énergies fossiles qu’elle compte promouvoir sans complexe lors de son G20 cette année et au démantèlement des politiques climatiques fédérales »
.
L’une des premières actions de Donald Trump lors de son retour à la Maison-Blanche début 2025 a en effet été de détricoter les différentes mesures environnementales prises avant lui : il a ainsi annoncé dès le premier jour de son mandat le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, dont l’objectif numéro un est de limiter la hausse de la température moyenne de la planète à 1,5°C.
En avril 2025 , Donald Trump avait ensuite supprimé le bureau américain de la diplomatie climatique. Début 2026, les États-Unis ont même annoncé leur retrait de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.
À cela s’ajoutent la nomination de personnalités climatosceptiques à des postes de responsabilité environnementale et une politique agressive de forage de pétrole et de gaz sur le territoire américain. « La France doit reconnaître que les États-Unis agissent désormais comme un pétro-État offensif, prêt à utiliser l’énergie, le commerce et la dérégulation comme instrument de pression géopolitique »
, estime Réseau Action Climat.
Le climat, un enjeu crucial
Pour ce G7, les États-Unis ont envoyé comme représentante Usha-Maria Turner, administratrice adjointe chargée des Affaires internationales et tribales à l’Agence américaine de protection de l’environnement. Une responsable de second rang qui semble prouver le peu d’intérêt porté par les États-Unis à ce sommet environnemental.
Le dérèglement climatique reste pourtant plus que jamais un enjeu crucial, l’année 2025 ayant été selon Météo-France la quatrième année la plus chaude jamais enregistrée en France depuis le début des mesures, derrière les années 2022, 2023 et 2020. « Ce G7 se déroule dans un contexte où les équilibres géopolitiques et les attaques contre le multilatéralisme et le droit international sapent le potentiel d’action collective en faveur du climat, de l’environnement et de la solidarité internationale »
, déplore Réseau Action Climat dans son rapport.
Grandes absentes des discussions des deux prochains jours également : les énergies fossiles, dans un contexte où la dépendance à ces énergies et le besoin de s’en détacher a été mis en lumière par la crise du pétrole liée à la guerre en Iran. « Il apparaît totalement incohérent de vouloir, d’un côté, défendre une stratégie d’indépendance énergétique européenne, dont l’urgence est aujourd’hui manifeste, et de l’autre, aborder au G7 la crise énergétique mondiale sans traiter frontalement la question de la dépendance aux énergies fossiles »
, pointe du doigt l’association.
Ce sommet semble donner le ton avant la tenue du G7 2026 prévu du 15 au 17 juin prochain à Évian-les-Bains, en Haute-Savoie.




