La scène s’est déroulée le 5 décembre dernier, près de Grand-Fort-Philippe, dans le Nord de la France. Alors qu’une équipe médicale de l’ONG Médecins sans frontière rentre d’une maraude médicale auprès de personnes rescapées de tentatives de traversée de la manche, « trois activistes d’extrême droite se revendiquant du mouvement britannique « Raise The Colours » » les interpellent violemment, explique l’association dans un communiqué. « Ces individus se sont approchés de manière menaçante des membres de l’équipe MSF, tout en proférant des insultes et des propos diffamatoires et mensongers à l’encontre de l’organisation », poursuit Camille Niel, cheffe de mission France de l’ONG.
Quelques jours après les faits, elle témoignait déjà auprès de France 24 que, tôt le matin, « la voiture du groupe a(vait) commencé à les suivre (…) et le groupe s’est rué sur notre équipe en leur hurlant dessus, ils nous ont accusé de faire le jeu des passeurs, d’être ceux qui encourageaient des personnes à venir violer, agresser des femmes au Royaume-Uni ».
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D’autres plaintes pourraient suivre
Une agression filmée dont les images ont suscité de « nombreux messages de haine et de menaces visant les personnes exilées et les acteurs humanitaires », souligne le communiqué précédemment cité. MSF a déposé plainte mercredi 4 mars auprès du tribunal judiciaire de Paris, selon le document obtenu par l’Agence France Presse (AFP).
D’autres plaintes pourraient suivre, notamment de la part de plusieurs membres de l’équipe de MSF, pour des faits de violences psychologique, précise l’ONG.
Des activistes extrémistes dans le collimateur des autorités françaises
Les activistes d’extrême droite du mouvement « Raise The Colours » – qui fait parler de lui de l’autre côté de la Manche depuis l’été 2025 – sont dans le collimateur des autorités françaises.
Le 23 janvier, les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais avaient interdit un rassemblement organisé notamment par ses militants, estimant que leurs agissements, « largement diffusés sur les réseaux sociaux », s’inscrivaient « dans une idéologie xénophobe et anti-immigration » et présentaient un risque « manifeste de troubles à l’ordre public ». Dix jours plus tôt, le ministère de l’Intérieur avait également interdit de territoire français dix militants britanniques de ce mouvement.
« La répétition de ces actes prend racine dans un climat d’impunité alimenté par des discours et des politiques migratoires qui favorisent la stigmatisation, le rejet et la haine, au détriment de la santé physique et psychologique des personnes exilées », dénonce ce jeudi Camille Niel.
L’association appelle les autorités « à prendre toutes les mesures nécessaires afin de prévenir de nouveaux actes d’intimidation et de garantir la sécurité des travailleurs humanitaires et des populations vulnérables ».
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