Il faut avoir « le courage de regarder l’histoire en face », « dans le respect de toutes les mémoires », a jugé la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo. Ce vendredi 8 mai, elle a participé en Algérie à la commémoration de la répression par la France de manifestations indépendantistes en 1945.
« C’est une décision de la part du président de la République, et une volonté qui s’inscrit dans le temps, de regarder l’histoire telle qu’elle a été, dans sa vérité, et de le faire dans le respect de toutes les mémoires, de l’Algérie et de la guerre d’Algérie », a affirmé la ministre à l’issue d’une cérémonie dans la ville de Sétif (est).
« La vérité, c’est que le 8 mai 1945, alors que la France célébrait la victoire contre la barbarie, en même temps il y avait des événements tragiques qui se passaient à Sétif, Guelma et Kherrata », a-t-elle reconnu.
Des milliers de morts
Ces massacres ont fait des milliers de morts – 45.000 morts selon Alger et entre 1.500 et 20.000 morts, dont 103 Européens, selon différentes sources françaises.
La ministre française a participé à une cérémonie au côté de son homologue algérien Abdelmalek Tachrift, ainsi que des députés français Laurent Lhardit, Sabrina Sebaihi et de l’ambassadeur Stéphane Romatet, de retour dans le pays après avoir été rappelé en France par Emmanuel Macron en avril 2025, dans un contexte de vives tensions entre Paris et Alger.
Elle a déposé une gerbe en hommage au jeune militant Bouzid Saâl, qui avait été tué le 8 mai 1945 par les forces de l’ordre françaises alors qu’il brandissait un drapeau algérien lors d’une manifestation. « La présence d’un ministre algérien est un fait notable », a-t-elle estimé.
La France a annoncé vendredi le retour de son ambassadeur en Algérie, à l’occasion de la visite d’Alice Rufo, qui doit permettre de « nouer des relations confiantes » et « restaurer un dialogue efficace » avec Alger, après presque deux ans de crise diplomatique entre les deux pays.
Article original publié sur BFMTV.com










