- Le candidat malheureux à la présidentielle au Brésil est sorti du silence après son départ rocambolesque vers les États-Unis.
- Le sénateur de 45 ans a assuré avoir pris sa décision de fuir avec son épouse « sans que personne ne le sache », et a demandé de ne « pointer du doigt personne ».
- Le fils de l’ex-chef de l’État d’extrême droite Jair Bolsonaro raconte également la conversation avec son père qui a tout déclenché.
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Il assure avoir agi « pour le Brésil »
. Trois jours après sa fuite rocambolesque vers les États-Unis, Flavio Bolsonaro a choisi les réseaux sociaux pour sa première prise de parole publique. L’ex-candidat de droite à la présidentielle au Brésil Flavio Bolsonaro a expliqué les raisons de son départ dans une vidéo de 17 minutes diffusée en direct sur Instagram. « La persécution a commencé même plus tôt que je ne l’imaginais »
, a déclaré le sénateur de 45 ans.
Flavion Bolsonaro raconte avoir appris que la police lui retirait ses passeports dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent alors qu’il rendait visite à son père, l’ancien président Jair Bolsonaro assigné à résidence. « Les yeux pleins de larmes, il m’a dit: ‘Tu sais déjà où ils veulent en venir avec ça, non ?' »
, a-t-il confié. « Je lui ai dit : ‘Papa, je sais déjà (…). Maintenant je sais ce que je dois faire' »
, a-t-il ajouté. Le quadragénaire assure avoir pris sa décision de fuir avec son épouse « sans que personne ne le sache », et a demandé de ne « pointer du doigt personne »
.
Les gouvernements argentin et américain sommés de s’expliquer
Les conditions de leur départ restent encore floues, notamment sur la manière dont il a traversé la frontière brésilienne. Le couple est passé par l’Argentine et l’Équateur avant d’arriver en Floride mercredi. Selon un document de vol consulté par l’AFP, il a embarqué avec un passeport italien à son nom. Les gouvernements des présidents américain Donald Trump et argentin Javier Milei ont été sommés d’expliquer le rôle de leurs pays dans la fuite.
Jeudi, le ministère brésilien des Affaires étrangères a convoqué la représentante de l’ambassade d’Argentine à Brasilia pour qu’elle « donne des explications »
après le passage de Flavio Bolsonaro par le territoire argentin. Selon la direction argentine des migrations, le fils Bolsonaro a embarqué mardi soir dans un avion privé à Puerto Iguazu, 40 minutes après être entré en Argentine par voie terrestre depuis la toute proche frontière brésilienne. Un haut responsable du gouvernement argentin a réfuté une quelconque irrégularité dans son passage.
Aux États-Unis, un groupe de parlementaires démocrates a demandé à l’administration Trump de fournir des explications, selon une lettre diffusée vendredi par l’une des signataires, la députée Sydney Kamlager-Dove. « La question centrale est simple : le Département d’État, l’ambassade des États-Unis au Brésil ou toute autre agence du gouvernement américain ont-ils aidé le sénateur Bolsonaro à voyager aux États-Unis ou à entrer dans le pays (…) ? »
, peut-on lire dans cette lettre.
Le jet privé avec lequel Flavio Bolsonaro a voyagé a été financé à partir d’un compte bancaire américain à hauteur de 150.000 dollars, révèle le patron de la compagnie aérienne argentine à qui il appartient. La presse américaine avance que le vol a été affrété par un conseiller de Donald Trump, ce que la Maison Blanche n’a pas commenté.
Comme « des buts de la main » non annulés par la VAR
Flavio Bolsonaro n’a pas reconnu sa défaite surprise au second tour face au président sortant de gauche Lula et crié à la fraude électorale, malgré les démentis de son propre camp et de la justice. Dans sa vidéo, il a comparé les irrégularités supposées du scrutin à des « buts de la main »
non annulés par la VAR (assistance vidéo à l’arbitrage en football), sans étayer ses accusations. Il a prédit que l’économie du Brésil allait « faire faillite »
sous Lula et s’est dit prêt à se présenter à nouveau à la présidence. « Je ne parle pas de 2030, je parle d’avant »
, a-t-il dit en parlant de la date de la prochaine présidentielle.
La défaite de Flavio Bolsonaro a sonné la droite brésilienne, qui croyait la victoire à portée de main après être arrivée en tête au premier tour. Mercredi, peu après son arrivée aux Etats-Unis, Flavio Bolsonaro s’était présenté comme le véritable « leader »
du Brésil dans une lettre publiée sur les réseaux sociaux qui a suscité la réprobation dans son pays, jusque dans son camp. Jeudi, le président du Parti libéral, la formation de la famille Bolsonaro, a affirmé que « personne n’approuvait »
la lettre du sénateur. Il venait de rendre visite à Bolsonaro père.
La rédaction de TF1info avec AFP

