- Depuis le début de l’année, 122 fusillades ont eu lieu aux États-Unis.
- Pour renforcer la sécurité dans les écoles, certains établissements ont recours à des drones.
- Le JT de 20H de TF1 vous explique.
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Il pourrait être le nouveau super-héros de la rentrée. Oubliez Iron Man et Captain America. Il s’agit d’un simple drone, comme le montre le reportage du 20H de TF1, visible en tête de cet article. Sa mission : protéger les écoles américaines en cas d’intrusion d’un individu armé.
Nos reporters se sont rendus sur le campus Guardian Angel, à Austin, au Texas, où ce dispositif est testé et présenté. Sur place, ils ont pu assister à une démonstration spectaculaire : le drone fonce à plus de 80 km/h, brise un double vitrage, se faufile à toute vitesse dans les couloirs et parvient à appréhender l’assaillant en à peine 15 secondes.
On peut aider les enfants à rentrer chez eux tous les soirs sains et saufs
On peut aider les enfants à rentrer chez eux tous les soirs sains et saufs
Alex Campbell, pilote de drone au Texas
Cette fois-ci, le faux tireur se rend immédiatement. Mais si, en conditions réelles, il manifestait une quelconque résistance, il serait mitraillé de billes au poivre puis assommé par une charge frontale. Derrière cette prouesse technologique, des pilotes professionnels guident les drones à distance depuis le Texas. Alex Campbell est l’un d’eux. « Je n’ai pas vocation à me retrouver en première ligne, mais ça fait plaisir de se dire qu’on peut aider les enfants à rentrer chez eux tous les soirs, sains et saufs »
, confie-t-il.
Si l’idée de drones pour protéger les élèves peut susciter le débat, les tueries de masse dans les écoles sont tristement banales aux États-Unis. Depuis le début de l’année, il y a déjà eu 122 fusillades dans le pays, et le risque est pris très au sérieux par les professionnels, comme l’explique à notre micro Khristof Oborski, directeur des opérations tactiques du campus Guardian Angel. « Dans toutes les écoles, il y a des extincteurs en cas d’incendie. Pourtant, aux États-Unis, aucun enfant n’est mort dans un incendie scolaire depuis les années 50. Votre enfant a bien plus de chances de mourir à cause d’une arme à feu »
, souligne-t-il.
Pas question de supprimer le deuxième amendement
Au pays du sacro-saint droit au port d’armes, le dernier massacre scolaire à avoir profondément traumatisé les Américains remonte à 2022. La tuerie d’Uvalde, au Texas, avait fait 21 victimes, dont 19 enfants. Le tireur, âgé de seulement 18 ans, s’était introduit dans l’école primaire armé d’un fusil d’assaut. Pour autant, ce drame n’a pas conduit à une modification du deuxième amendement de la Constitution américaine, qui protège le droit de détenir et de porter des armes.
Ces drones, qui sont donc une façon de répondre au problème sans nécessiter une évolution législative, ont déjà séduit neuf écoles. Notre équipe s’est rendue dans l’une d’entre elles, à Tallahassee, en Floride, au bord du golfe du Mexique. Jason Ryals, le responsable de la sécurité de ce lycée, montre à notre caméra la boîte qui contient le drone, bien rangée dans une étagère de la bibliothèque. « C’est une mesure de sécurité supplémentaire »
, insiste-t-il. « On voit des fusillades tous les jours ici. Et c’est mon boulot de m’assurer que chaque élève est en sécurité sur ce campus. »
Si on perd un drone, ce n’est pas grave. Une vie humaine, ça ne peut pas se remplacer
Si on perd un drone, ce n’est pas grave. Une vie humaine, ça ne peut pas se remplacer
Jason Ryals, responsable de la sécurité d’un lycée en Floride
Les engins volants se déploient en quelques secondes, grâce à une simple application sur téléphone portable, et ce sont les policiers qui s’en occupent. Au 20H de TF1, Jason Ryals décrit des machines qui ont l’avantage d’être « en première ligne et faciles à sacrifier en cas d’attaque. Si on perd un drone, c’est pas grave, c’est juste un drone. Une vie humaine, ça ne peut pas se remplacer. Donc c’est important d’avoir cet appui dans ces situations horribles. »
Dans toute la Floride, la loi impose la présence d’un policier armé sur chaque campus. Au sein de ce lycée public de plus de 1.000 élèves, c’est James Dixon qui occupe ce rôle. Pour lui, les drones sont une aide bienvenue. « Nous, on met entre trois et quatre minutes à intervenir. Mais eux, ils sont bien plus rapides. Ils nous permettent aussi de savoir immédiatement où sont les assaillants, et combien il y en a. »
Les élèves et leurs parents se montrent aussi davantage rassurés. « Avec ces drones, je me sens plus en sécurité »,
confie l’un d’eux face à notre caméra. « Parfois, on entend que ça arrive près de chez nous. On se dit que ça peut arriver à n’importe qui »
, renchérit Lingamurthy Kotina, parent d’élève au sein du lycée. Le programme a coûté près d’un demi-million de dollars, investi par l’État de Floride, qui est l’un des plus permissifs en matière de port d’armes aux États-Unis. Chaque année, une centaine de fusillades ont lieu dans les établissements scolaires américains.
Louan DENIEL | Reportage TF1 : Justine JANKOWSKI, Mathieu DERRIEN et Julie ASHER



