jeudi, juin 25

Selon l’Office fédéral des biens immobiliers (Bundesanstalt für Immobilienaufgaben), ce type de découverte ne met en général au jour que quelques restes isolés ou des pièces de véhicules. Dans ce cas, toutefois, les ouvriers sont tombés sur un canon d’assaut presque entièrement conservé, une rare relique des derniers mois de la Seconde Guerre mondiale dans le nord-ouest de l’Allemagne.

Un canon d’assaut allemand Sturmgeschütz III en route vers une nouvelle position sur la côte méditerranéenne française, 2 octobre 1943. (AP Photo) – AP Foto

La pièce mise au jour est un canon d’assaut de type StuG III, l’un des véhicules chenillés les plus produits par la Wehrmacht. Contrairement aux chars classiques, l’engin ne possédait pas de tourelle rotative. Le canon était fixé vers l’avant, si bien qu’il fallait orienter l’ensemble du véhicule pour viser.

Dr Andreas Hüser, responsable du service de conservation archéologique du district de Cuxhaven, explique à Euronews qu’il s’agit « tout simplement » d’un canon d’assaut de la Seconde Guerre mondiale : « C’était le véhicule entièrement chenillé le plus construit de l’époque. »

Le groupe d’armement Rheinmetall en a produit plus de 9 300 exemplaires. La production s’est poursuivie jusqu’aux toutes dernières semaines de la guerre et ne s’est arrêtée qu’en avril 1945. Ces canons d’assaut servaient principalement à lutter contre les chars ennemis.

Mais en tant que découverte archéologique, le StuG soulève encore de nombreuses questions pour le Dr Hüser : « L’état de conservation est très bon, ce qui permet de reconstituer de nombreux détails. Que pouvons-nous apprendre sur l’équipage ? Le véhicule a été enfoui dans le sol après la fin de la guerre, ce qui est en soi remarquable, même si ce n’est pas exceptionnel. »

Le service de conservation archéologique de Cuxhaven s’intéresse aux traces laissées par l’homme depuis le Paléolithique et examine aussi, désormais, les vestiges plus récents sous un angle archéologique. Dr Hüser poursuit : « Bien sûr, il existe encore des témoignages oculaires, mais beaucoup de choses sont entre-temps tombées dans l’oubli. Avec ce canon d’assaut, nous ne nous intéressons donc pas seulement à l’objet lui-même, mais aussi à son contexte de découverte. Où, sur le terrain de l’aérodrome militaire, a-t-il été enterré ? Le StuG avait-il été “cannibalisé” au préalable ? Y a-t-il des traces de son élimination ? Que nous racontent les marques d’usure et les autres objets trouvés aux alentours ? »

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Le véhicule découvert appartenait à une brigade stationnée à Nordholz, qui était engagée principalement en France. On ne peut pas encore établir avec certitude si ce canon d’assaut lui-même a combattu sur ce front. Les experts estiment toutefois qu’il a été utilisé pendant une longue période. Au moins 17 marques blanches sur le tube du canon le laissent penser. Selon les archéologues, ce type de marquage était probablement apposé pour chaque char ennemi détruit.

Quatre soldats à bord : un espace « oppressant »

Le véhicule peut être ouvert sans difficulté, souligne l’archéologue Hüser : « La vue de l’intérieur est très impressionnante. » Le siège du conducteur est intact, tout comme les dispositifs de la pièce d’artillerie. « L’espace est vraiment oppressant. »

Vue de l'intérieur du StuG III découvert à Nordholz

Vue de l’intérieur du StuG III découvert à Nordholz – A. Hüser/Archäologische Denkmalpflege Landkreis Cuxhaven

L’équipage du canon d’assaut se composait de quatre soldats. Le conducteur prenait place à l’avant du véhicule, un autre militaire manœuvrait le canon. Le commandant coordonnait l’action et donnait l’ordre de tir, tandis qu’un quatrième homme avait pour tâche de recharger l’arme.

Selon les experts, le canon d’assaut a été enterré par les Alliés, peu après la fin de la guerre, avec d’autres matériels militaires. Les fouilles ont également mis au jour des restes de munitions et de petits éclats d’obus.

Après sa récupération, le canon d’assaut est chargé – A. Hüser/Archäologische Denkmalpflege Landkreis Cuxhaven

Le Dr Hüser rappelle que la guerre n’est pas un phénomène récent : « Nous pouvons en retracer l’histoire jusqu’à la préhistoire. Les progrès techniques de l’armement en sont un élément récurrent. Mais il faut aussi mentionner la misère humaine liée aux conflits, les blessures parfois mortelles et tout ce qui les accompagne. En fin de compte, le StuG III de Nordholz s’inscrit dans cette “tradition”. »

Comme le véhicule reposait au bord d’un talus, dans du sable sec, il s’est conservé de manière exceptionnelle. À plusieurs endroits, on distingue encore des restes de la peinture de camouflage d’origine et certaines parties du train de roulement semblent presque intactes, malgré des décennies passées sous terre.

Dr Hüser conclut : « Ce n’est pas seulement sur le plan archéologique, mais aussi parce que le véhicule est quasiment complet, que cette découverte est importante. Des engins blindés aussi bien conservés restent extrêmement rares. »

En août, le canon d’assaut doit être transféré à Munster, dans la lande de Lunebourg, où des spécialistes procéderont à sa conservation et à sa restauration. Il est ensuite prévu de le remettre au Musée d’histoire militaire de la Bundeswehr à Dresde, où il pourra être exposé au public.

Ce texte a été traduit avec l’aide de l’intelligence artificielle. Signaler un problème : [feedback-articles-fr@euronews.com].

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