Des étudiants iraniens ont organisé samedi 21 février, jour de la rentrée universitaire, les premières manifestations contre la République islamique et le Guide suprême Ali Khamenei depuis la répression sanglante du mouvement de contestation de décembre dernier. Les manifestations se sont poursuivies ce dimanche, notamment à Téhéran et à Mashhad, dans le nord-est du pays.
À l’université de technologie de Sharif, à Téhéran, les protestataires ont scandé des slogans hostiles au régime et appelant à la mort de l’ayatollah Khamenei, rapporte le site de la chaîne de télévision en langue persane Iran International, basée à Londres. Dans certaines universités, des affrontements auraient opposé les étudiants aux bassidjis, les membres de la force paramilitaire au service du pouvoir.
L’agence de presse Mehr, proche du pouvoir, a rapporté que les rassemblements étaient censés être organisés en hommage aux manifestants tués le mois dernier, mais qu’ils ont donné lieu à de nouvelles manifestations hostiles au gouvernement.
Une vidéo tournée à l’université de Sharif montre une échauffourée entre deux groupes opposés, rapporte le Financial Times. Des étudiants pro régime brandissent des drapeaux iraniens et scandent des slogans en faveur de Khamenei tandis que leurs adversaires crient “Vive le Shah ! ”, en référence à Reza Pahlavi, le fils du monarque renversé lors de la révolution de 1979.
De nombreuses vidéos diffusées sur les réseaux sociaux à l’occasion de la fin des quarante jours de deuil montrent que des assistants dérogeant aux rituels traditionnels, portant des vêtements blancs au lieu de vêtements noirs, lâchant des pigeons et des ballons, et diffusant de la musique, des chants et des danses. À l’université Shahid Beheshti, dans le nord de la capitale, les étudiants ont brandi des pancartes exigeant la libération de leurs camarades détenus. À Mashhad, ils ont réclamé “la liberté”.
Une “armada” américaine
Ces nouveaux troubles intérieurs coïncident avec la pression accrue exercée sur la République islamique par les États-Unis, souligne The Sunday Times. Washington a déployé dans la région l’une de ses plus importantes forces militaires au Moyen-Orient depuis la guerre d’Irak, en 2003. Au total, dix-sept navires de guerre américains, dont deux porte-avions, sont désormais présents dans la zone et forment une véritable “armada”, selon le terme employé par Donald Trump lui-même.
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