- Emmanuel Macron est revenu mercredi sur la refonte de Parcoursup, que le gouvernement a promis de remplacer d’ici deux ans.
- Dans le même temps, les représentants des organisations de lycéens seront reçus jeudi par Laurent Nuñez.
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Lycées, facs, gilets jaunes… Une France entre colère sociale et violences urbaines
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Emmanuel Macron est revenu mercredi soir sur la refonte du système d’admission post-bac Parcoursup (nouvelle fenêtre), que le gouvernement a promis de remplacer d’ici deux ans, en insistant sur le besoin de « clarté sur les critères de choix »
des étudiants par les universités et les écoles. « On a un système avec Parcoursup qui est bien meilleur que ce qu’il y avait avant »
, a insisté le président de la République dans une interview accordée au média HugoDecrypte et diffusée sur Youtube. Mais ce système « crée de la défiance, donc on doit le refonder »
, a complété le chef de l’État.
La plateforme d’orientation pour les études supérieures est très critiquée depuis le début du mouvement, et connaîtra une « évolution forte »
dès la rentrée 2027, avec plus de clarté concernant les algorithmes, « avant un remplacement en 2028 »
qui nécessitera le vote d’une loi au Parlement, a indiqué le gouvernement cette semaine pour répondre à la crise lycéenne. Si Parcoursup a le mérite de ne pas faire de « tirage au sort »
parmi les étudiants et d’être « beaucoup plus transparent »
que les systèmes précédents, il doit être largement amélioré concernant « la clarté sur les critères de choix »
, a insisté Emmanuel Macron. « Ce qui ne va pas, c’est qu’on fait croire à tout le monde que si on a 100 % de place à l’université, l’avenir sera rose, c’est pas vrai »
, a ajouté le président.
Réunion entre Nuñez et les organisations lycéennes
Dans le même temps, les représentants des organisations de lycéens seront reçus ce jeudi par Laurent Nuñez avant une nouvelle journée de mobilisation prévue ce samedi, a appris l’AFP auprès de l’entourage du ministre de l’Intérieur. La rencontre est prévue à 15H à Beauvau, a-t-on ajouté.
Mais l’Union syndicale lycéenne (USL) et l’organisation Les Lycéens ! ont prévenu qu’ils ne participeraient à cette réunion que si les organisations étudiantes sont également présentes. « Nous ne serons présents à cette réunion que si les organisations étudiantes sont avec nous, car sur cette mobilisation, ils sont aussi victimes »
, a affirmé sur BFMTV Ryad Rani, président de l’USL. « Si les étudiants sont absents, nous partirons »
, a également déclaré à l’AFP Louis Létoublon, vice-président de Les Lycéens!
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Minute par minute
EMMANUEL MACRON APPELLE À LA REPRISE DES COURS DANS LE « CALME »
Emmanuel Macron a appelé hier à la reprise des cours dans les lycées « à la rentrée » de lundi « après les vacances de la Toussaint », dans un entretien diffusé par la chaîne YouTube HugoDécrypte. « Je souhaite qu’à la rentrée, après les vacances de la Toussaint, les lycées puissent rouvrir parce que quand on parle de l’avenir de notre jeunesse, il faut qu’elle puisse reprendre les cours », a dit le chef de l’État.
« Ce que je souhaite surtout c’est, compte tenu du fait que la jeunesse a été entendue, qu’elle puisse reprendre les cours, que le calme revienne et qu’on puisse rouvrir dans des bonnes conditions ces lycées », a-t-il insisté, alors que le gouvernement a mis plusieurs mesures sur la table pour répondre à la crise lycéenne qui dure depuis des semaines.
Interrogé sur les blessures parfois graves dont ont été victimes de jeunes manifestants, certains ayant eu une main arrachée, d’autres ayant été éborgnés, Emmanuel Macron s’est dit « dans la compassion et le soutien à tous ».
« Évidemment que ça me fait mal quand je vois nos adolescents, nos jeunes qui sont frappés et qui subissent cette conséquence directe dans leur chair », a poursuivi le président de la République, alors que la stratégie du maintien de l’ordre et la réponse policière aux mobilisations lycéennes ont été critiquées à gauche et par plusieurs ONG. « De la même manière j’ai vu des policiers qui étaient blessés, de très jeunes policiers », a également mentionné le chef de l’État, pour qui « il faut maintenant revenir au calme des deux côtés ».
« À chaque fois que des policiers ont été engagés dans des actes qui n’étaient pas normaux, il y a des enquêtes qui ont été ouvertes », a affirmé Emmanuel Macron.
COUPURE DES RÉSEAUX SOCIAUX ?
Le gouvernement a-t-il envisagé de demander aux opérateurs de couper l’accès aux réseaux sociaux lors des manifestations de samedi dernier ? Emmanuel Macron a évoqué hier des « discussions » menées par Sébastien Lecornu, sans en dire davantage. Selon le média en ligne Blast, le Premier ministre a demandé, deux jours avant la manifestation, « à Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom de se tenir prêts à couper l’accès à TikTok, Instagram, Snapchat et X ».
« Il y a eu des discussions qui ont été faites par le Premier ministre », « il y a eu en tout cas une grande rigueur qui a été mise », a éludé le chef de l’État, interrogé sur cette éventuelle coupure sur la chaîne YouTube HugoDécrypte. Il est resté évasif sur la teneur de cette discussion.
Le président a en revanche estimé que lors des manifestations du 17 octobre, marquées par un fiasco sécuritaire reconnu par l’exécutif, les plateformes avaient « assez moyennement » retiré « les contenus illicites » comme « l’appel au pillage », ou « à la violence », comme le leur demande la législation européenne.
Lors des manifestations suivantes, les plateformes « ont retiré une très grande partie » des contenus signalés par les autorités, a-t-il ajouté. « Il y a eu une bonne coopération samedi dernier en temps réel », selon Emmanuel Macron.
IGPN SAISI
L’IGPN, la « police des polices », a été saisie après la plainte d’un manifestant de 20 ans, grièvement blessé à une main à Toulouse lors de heurts samedi avec les forces de l’ordre, a indiqué hier soir le parquet.
Entendu dimanche dans le cadre d’une enquête pour « recherche des causes de blessures graves », le jeune homme a porté plainte pendant l’audition, a déclaré à l’AFP le procureur de la République à Toulouse, David Charmatz.
Lundi, le parquet a saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) du chef de « violences volontaires par une personne dépositaire de l’autorité publique suivie de mutilation ou infirmité permanente lors d’une manifestation sur la voie publique », a-t-il encore affirmé. « Cette qualification ne présume en rien de la nature juridique exacte de l’infraction éventuellement commise (…) mais ouvre au plus grave comme c’est la pratique », a-t-il précisé.
Au total, 1.435 personnes ont été interpellées en marge des manifestations pour le pouvoir d’achat et la défense des services publics samedi en France, a annoncé lundi le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, faisant état de 267 membres des forces de l’ordre blessés, et d’environ 150 manifestants blessés, dont trois « assez » grièvement à Toulouse, Reims et Clermont-Ferrand.
Le parquet de Lyon a quant à lui indiqué mardi avoir ouvert une enquête confiée à l’IGPN « pour recherche des causes des blessures » sur le cas d’un homme qui ne manifestait pas, mais a été blessé en marge des manifestations le 24 octobre à Lyon.
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Depuis le début de leur mouvement mi-septembre, les lycéens accusent les forces de l’ordre de violences, tandis que le ministre défend une action « proportionnée »
de ses troupes pour mettre fin aux blocages des établissements. Près de cinquante enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN, « la police des polices ». 36 l’ont été dans le cadre du mouvement lycéen, 8 pour des faits de violences qui auraient été commis par des forces de l’ordre lors des violences et pillages massifs des 17 et 18 octobre, et 4 pour des faits commis le 24 octobre. Plusieurs adolescents ont été grièvement blessés lors de ces violences.
À plusieurs reprises, le ministre de l’Intérieur a été mis en cause par la gauche pour sa stratégie de maintien de l’ordre, qui, selon ses détracteurs, ne tient pas compte du jeune âge des lycéens.

