- De Paris à Marseille, la journée de mobilisation contre la « vie chère » a réuni des centaines de milliers de manifestants dans tout le pays samedi 17 octobre.
- Mais elle s’est conclue par des affrontements et des scènes de chaos d’une intensité rare, des « casseurs » se livrant jusque dans la soirée à des pillages et dégradations vivement condamnés par l’exécutif.
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PASSE D’ARMES ENTRE LECORNU ET MÉLENCHON
Les violences en marge des manifestations du 17 octobre ont nourri samedi une très virulente passe d’armes entre le Premier ministre Sébastien Lecornu et l’insoumis Jean-Luc Mélenchon, chacun imputant à l’autre une part de responsabilité dans le désordre. « Faire porter aux chefs de la police la responsabilité des violences, c’est une inversion dangereuse et cynique des responsabilités », a taclé dans un message sur X le chef du gouvernement.
« On ne peut pas appeler à cesser les violences tout en fournissant des excuses à ceux qui les commettent. C’est VOTRE responsabilité politique », a ajouté le locataire de Matignon qui accuse, depuis le début de la mobilisation mi-septembre, LFI d’attiser la colère.
Réponse immédiate du candidat de la gauche radicale, qui a fait de la jeunesse l’un des piliers centraux de sa stratégie électorale et compte sur la mobilisation lycéenne pour gagner des points à six mois de la présidentielle. Il a accusé le Premier ministre d’avoir « joué avec le feu, en comptant sur le pourrissement » de la situation et mis une nouvelle fois en cause la stratégie du maintien de l’ordre déployée par les autorités. « Vous n’êtes pas un homme d’État. Juste un commis qui est en train de provoquer une crise de régime », a-t-il tancé.
LES MAIRES DE PARIS, MARSEILLE ET LYON VEULENT VOIR LECORNU
Les maires de Paris, Marseille et Lyon demandent à être reçus par le Premier ministre Sébastien Lecornu en début de semaine, « face à l’ampleur des dégâts et la gravité de la situation » liées aux violences, dégradations et pillages commis samedi dans leurs villes.
« Nous exigeons qu’un diagnostic précis soit établi, expliquant l’enchaînement d’événements ayant abouti à cette situation. Cela ne peut et doit pas se reproduire », écrivent dans une déclaration commune Emmanuel Grégoire (PS), Benoît Payan (DVG) et Grégory Doucet (écologiste). Les trois édiles disent associer à leur démarche l’ensemble des « maires des villes touchées ».
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D’innombrables boutiques et magasins d’alimentation, d’articles de sport, de prêt-à-porter, de produits de luxe ou de téléphonie mobile ont été dévalisés et vandalisés aux quatre coins de la France, samedi 17 octobre, parfois, comme à Paris, Lyon et Marseille, à des kilomètres des manifestations autorisées « contre la vie chère ».
Le maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a condamné « fermement »
les « dégradations »
et « actes de casse »
observés, alors que « la grande majorité des manifestants »
souhaitait « défiler dans le calme »
. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a dénoncé des « délinquants d’opportunité »
devant la presse, assurant que tout serait fait pour retrouver les auteurs. « On a énormément de vidéos »
, a-t-il assuré.
Parmi les villes objets de ces pillages, le ministre a cité, outre Paris et Marseille, Strasbourg, Rouen, Nantes, Rennes, Toulouse, Pau et Valence. Lille, Perpignan, Bordeaux et Lyon n’ont pas été épargnés non plus par les dégradations.
Après cette journée de mobilisations émaillée par les violences, qui ont conduit à 1.200 interpellations, « c’est désormais le moment de choisir son camp »
, a lancé le chef du gouvernement à l’adresse de LFI, avec laquelle il a multiplié les passes d’armes depuis le début de la mobilisation lycéenne. « Soit on est dans le camp de la République et donc des forces de l’ordre, de celles et ceux qui protègent les biens et les personnes et qui appliquent les lois, soit on est du côté des casseurs »
, a poursuivi Sébastien Lecornu, lors d’une visite auprès des forces de l’ordre mobilisées dans le centre de Paris, estimant être arrivé à un « point de non-retour »
.
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