- Donald Trump a signé vendredi 16 octobre un décret annulant l’application du Graham Act, un texte voté au Congrès qui prévoit de nouvelles sanctions contre la Russie.
- Moscou s’est félicité de cette décision, appelant à privilégier « le dialogue et la coopération » aux « sanctions et à la confrontation ».
- Cette décision survient dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Kiev.
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Un nouveau coup de canif dans le soutien des États-Unis à l’Ukraine. Alors que les tensions avec Kiev ne cessent de croître, Donald Trump a décidé de ne pas appliquer le Graham Act. « J’exempte l’application de telles sanctions, restrictions et droits de douane prévus dans le Graham Act »
, peut-on lire dans le décret publié vendredi 16 octobre par la Maison Blanche. « L’intérêt national des États-Unis »
est aussi invoqué.
Premier texte majeur voté par le Congrès contre Moscou depuis le retour du milliardaire au pouvoir, cette loi prévoyait de nouvelles sanctions contre le secteur énergétique russe mais aussi contre la « flotte fantôme », que le Kremlin utilise pour continuer d’exporter ses hydrocarbures malgré les embargos internationaux. Elle octroyait également au président américain la possibilité d’instaurer des droits de douane prohibitifs, jusqu’à 100%, sur les cinq principaux pays importateurs de gaz et de pétrole russes parmi lesquels la Chine et l’Inde. Par ailleurs, le Graham Act, du nom de son principal promoteur, le sénateur Lindsey Graham, ciblait spécifiquement le président Vladimir Poutine, ainsi que d’autres hauts responsables russes.
« Un moment important et véritablement historique »
La Russie s’est félicitée de cette décision, qui intervient quelques jours après que Donald Trump a conclu un accord pour importer d’importantes quantités de diesel russe. « La suspension de la loi Graham par l’administration Trump est un moment important et véritablement historique »
, écrit Kirill Dmitriev, conseiller du Kremlin pour la coopération économique à l’international, sur X.
« Ce texte (…) aurait pu conduire à un arrêt complet de la coopération économique entre la Russie et les États-Unis et infliger de sérieux dégâts à l’économie américaine et mondiale »
, assure-t-il. Selon lui, cette même coopération économique « sert les intérêts des deux nations, contribue à la stabilité économique mondiale et jette les bases nécessaires pour instaurer la confiance et parvenir à une paix durable ».
« Au lieu de sanctions et de confrontations, nous avons besoin de dialogue, de coopération mutuelle »
, conclut le représentant.
Ces derniers jours, les relations déjà difficiles entre les présidents américain et ukrainien se sont nettement détériorées. Cette crise a un impact majeur sur la réalité du front, Kiev déplorant ne pas avoir été averti par ses alliés d’attaques russes imminentes, et regrettant des restrictions dans l’utilisation de Starlink. Pour ne rien arranger, les Ukrainiens manquent de missiles intercepteurs, lesquels sont essentiellement fournis par l’armée américaine.

