- Face à une sécheresse historique, la fédération de pêche du Finistère organise, comme ailleurs en France, des opérations de sauvetage de poissons.
- L’objectif est de les déplacer en aval des cours d’eau, là où l’eau continue de couler.
- Le JT de TF1 a assisté à l’une de ces opérations dans ce département breton.
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À Langolen, une vingtaine de bénévoles de la Fédération de pêche du Finistère se préparent à descendre dans le Steïr, un petit affluent de l’Odet, ou du moins ce qu’il en reste. Car la sécheresse a réduit la rivière à une succession de mares à l’eau vaseuse, avec peu ou pas d’oxygène pour les truites et les saumons. Du coup, il faut les sauver au plus vite.
Au milieu du groupe, Mathieu Le Bouter, technicien de la fédération locale de pêche, rappelle les consignes. Pour attraper les poissons, il va utiliser un outil en forme d’anneau qui émet des ondes électriques dans l’eau. « Grosso modo, 50 centimètres, un mètre autour, les poissons sont attirés et j’ai deux opérateurs avec des épuisettes qui vont aller les récupérer. C’est vraiment un appareil qui est calibré pour pouvoir capturer des poissons sans remettre en cause leur état de santé »
, explique-t-il dans la vidéo ci-dessus.
On a une bombonne d’oxygène qui permet d’oxygéner l’eau et de faire en sorte que le poisson puisse survivre pendant plusieurs heures.
On a une bombonne d’oxygène qui permet d’oxygéner l’eau et de faire en sorte que le poisson puisse survivre pendant plusieurs heures.
Paul Le Nouac’h, président de l’association agréée de pêche et de protection des milieux aquatiques
Le jour du reportage de TF1, 15 bénévoles sont au travail. « C’est la quatrième journée que l’on fait cette année sur cette rivière, et la septième en tout pour le département »,
lance l’un d’eux. Et à chaque opération de sauvetage, le constat est saisissant : la rivière n’est plus qu’une succession de trous d’eau stagnante. L’eau boueuse monte à peine jusqu’à mi-mollet. « On est pile poil avant que ça devienne la cata »,
indique-t-il. Les rivières françaises s’assèchent à des niveaux semblables à l’été 2022. Près de 1.400 cours d’eau ne coulent plus. L’Odet n’en est pas loin.
La progression est lente. Les arbres tombés lors de la tempête Ciaran, en 2023, entravent toujours le passage. Un participant montre la différence du niveau de l’eau entre aujourd’hui et cet hiver. « En début de saison, l’eau arrive au niveau des fougères, à peu près. D’autant plus qu’elle était en crue au mois de février dernier »
, affirme-t-il. Une fois récupérés à l’épuisette, la centaine de poissons secourus est transférée provisoirement dans une bassine d’un mètre cube installée sur le plateau d’un pick-up. « On a une bombonne d’oxygène qui permet d’oxygéner l’eau et de faire en sorte que le poisson puisse survivre pendant plusieurs heures »,
avance Paul Le Nouac’h, président de l’association agréée de pêche et de protection des milieux aquatiques. Ils sont ensuite relâchés quelques kilomètres plus loin, où la rivière ne devrait pas s’assécher.
Autrefois exceptionnelles, ces opérations sont devenues courantes. « 2024, 2025, 2026, tous les ans, ça devient, comme dirait l’autre,
‘craignos' », assène un bénévole. Quelque 70% du territoire fait l’objet de restrictions d’usage de l’eau. Et les prochaines semaines sont inquiétantes. Sans pluie, les cours d’eau vont continuer de s’assécher.
« L’Odet est le premier à avoir été en crise, mais tous les bassins vont céder d’ici huit à dix jours. On va être obligé d’intervenir. Le niveau d’eau et les températures peuvent devenir fatals pour les salmonidés »,
confirme à l’AFP Pierre Péron, président de la fédération départementale. Et parfois, il n’y a pas de solution. « Des fois, les pêches de sauvetage ne servent à rien, car l’aval est à sec ou l’eau y est trop chaude. Et on ne transfère pas une truite d’un bassin à l’autre pour des raisons sanitaires »
, ajoute-t-il.
La rédaction de TF1info | Reportage : Irvin BLONZ et Matéo STEPHAN











