- Le crash d’un avion civil survenu dimanche à Tomblaine, près de Nancy, a coûté la vie à onze personnes.
- Les victimes étaient à bord d’un appareil de type Pilatus, « tombé subitement » peu après son décollage.
- TF1info vous présente ce que l’on sait de ce type d’appareil, de fabrication suisse.
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Dix personnes avaient pris place à bord du Pilatus PC-6 ce dimanche 28 juin, en plus du pilote, à l’occasion d’un baptême de saut en parachute. Les cinq élèves et leurs cinq moniteurs. Tous ont perdu la vie dans la chute soudaine de l’appareil, peu après le décollage, à quelque 300 mètres de la piste de l’aérodrome de Nancy-Essey, sur la commune de Tomblaine (Meurthe-et-Moselle). L’appareil, dont cet exemplaire était immatriculé en Allemagne, est très prisé des clubs de parachutisme français.
Un appareil polyvalent
Le Pilatus PC-6 est la « bête de somme »
des centres de parachutisme, titre même le site spécialisé AéroBuzz, dans un article (nouvelle fenêtre) consacré à l’histoire de cet appareil de conception suisse. Au stade actuel de l’enquête, rien ne permet cependant de lier la tragédie de Tomblaine à une quelconque surexploitation de l’aéronef. Ce sont les qualités de cet avion utilitaire monomoteur, né en 1959 dans les ateliers de l’avionneur suisse Pilatus Aircraft, qui en ont fait un moyen de transport plébiscité pour des missions aussi variées que les largages de parachutistes, les vols en haute montagne, les missions humanitaires ou militaires, ou la lutte contre les incendies.
Décollage et atterrissage courts
L’avion peut embarquer de neuf à dix personnes selon le modèle (c’est le siège du copilote qui est retourné dans la version à dix passagers). Dès ses premiers vols, le Pilatus PC-6 a démontré ses qualités en haute montagne, en assistant une expédition suisse dans l’Himalaya en 1960. Le prototype de l’époque avait pu se poser sur des plateaux à 5.700 mètres d’altitude, grâce à sa capacité à atterrir et à décoller sur des pistes courtes. Il ne lui faut en effet que 440 mètres pour décoller en franchissant un obstacle de 15 mètres, et 315 mètres pour atterrir dans les mêmes conditions. Autre performance recherchée, sa vitesse ascensionnelle, qui lui permet d’atteindre une altitude de 4.000 mètres en moins de quinze minutes, et de redescendre en trois minutes.
Des missions très variées
Dès 1961, le Pilatus PC-6 a été utilisé pour des missions humanitaires. D’abord par la Croix-Rouge, pour apporter de l’aide aux civils ayant fui le Tibet après la répression chinoise de 1959. Puis par les Nations unies, au Mali ou au Bangladesh dans les années 1960-70, en Angola ou en Éthiopie dans les années 1980. L’appareil a servi tant pour l’acheminement de matériel ou de vivres que pour l’évacuation de personnes.
De nombreux pays utilisent ou ont utilisé cet aéronef polyvalent comme avion léger bombardier d’eau, capable d’embarquer un réservoir de 1.000 litres, notamment l’Autriche. La France y a également eu recours contre les incendies en Corse et dans les Alpes. Quant aux militaires, ils ont rapidement exploité les qualités du Pilatus pour diverses opérations dans des contextes où les qualités d’atterrissage et de décollage courts étaient cruciales. Les États-Unis l’ont ainsi utilisé dès les années 1960 pour des missions de la CIA au Vietnam et au Laos. L’armée française y a également eu recours au Sahel, lors des opérations Serval, puis Barkhane. Les mêmes particularités techniques en ont fait un avion idéal pour des missions scientifiques dans des milieux extrêmes, dont plusieurs en Antarctique.
Près de 600 modèles du Pilatus PC-6 ont été produits depuis le premier en 1959, immatriculés dans plusieurs dizaines de pays dans le monde, jusqu’au dernier sorti d’usine en 2022. Une longue histoire qui ne va pas sans un grand nombre d’accidents, répertoriés aux quatre coins du globe. Selon les données du site du Bureau of Aircraft Accidents Archives (nouvelle fenêtre), 187 accidents impliquant un de ces appareils ont été répertoriés dans le monde depuis mai 1960, dont 91 ont été mortels, pour un total de 321 morts.
On peut notamment se souvenir de plusieurs tragédies dans des conditions analogues à celle de l’aérodrome de Nancy, comme celle du 24 avril 1988, survenue peu après le décollage d’un Pilatus PC-6. Neuf personnes avaient perdu la vie dans cet accident, vraisemblablement causé par une panne de moteur, lors d’un vol pour un largage de parachutistes. Scénario analogue le 1ᵉʳ novembre 1997, quand un avion transportant s’était écrasé peu après son décollage de l’aérodrome de Chambry, près de Laon (Aisne), tuant les huit parachutistes et le pilote qui l’occupaient.




