Avec notre correspondante à Abidjan, Fanny Noaro-Kabré
En Côte d’Ivoire, 15 autres personnes ont été entendues depuis l’ouverture de l’enquête, il y a trois mois, le 10 juin 2026. Et au fil des auditions, « d’autres responsabilités présumées sont apparues », explique encore le procureur. Parmi elles, celle du gouverneur du District d’Abidjan, Ibrahima Cissé Bacongo.
Selon le procureur de la République, le gouverneur a déclaré lors de son audition que ces démolitions avaient été menées « dans le cadre du plan ORSEC », un dispositif de prévention et de gestion des catastrophes, notamment des risques d’inondation en bordure de lagune. Il a ajouté que « cette opération visait à libérer les emprises et à démolir les installations irrégulières ». Le procureur recense pourtant plusieurs parcelles détenant des actes de propriété.
Concernant la présence policière sur place ce jour-là, le procureur insiste : « C’est le District [d’Abidjan, NDLR] qui a requis les forces de l’ordre. » Ce dispositif s’appliquait-il pour autant à « Koumassi Campement » ? « Les investigations sont en cours » pour le déterminer, ajoute Oumar Braman Koné.
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Une décision de justice qui « n’autorisait aucune démolition »
Autre protagoniste dans cette affaire : Jacques Alloui Brou, toujours en détention. Quelques jours après les faits, ce particulier avait affirmé, dans une vidéo, détenir une décision de justice l’autorisant à mener cette opération. Une version contestée par le procureur pour qui cette décision « n’autorisait aucune démolition », uniquement le « déguerpissement de cinq habitations ».
Enfin, le Parquet s’intéresse également au rôle présumé d’un député, celui de Gouméré/Tabagne, dans la coordination et le financement de ces destructions.
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