De Jane Campion à Shannon Murphy, le female gaze s’est installé au fil du temps sur nos écrans jusqu’à devenir quasi mainstream.
« S’agit-il d’un tournant historique, d’un phénomène passager ou d’un rouleau compresseur purement commercial ? » s’interroge le quotidien britannique The Guardian dans une analyse de l’évolution récente de la production télévisuelle anglo-saxonne.
C’est en 1973 que la critique britannique Laura Mulvey a théorisé le male gaze pour expliquer comment le cinéma a réduit les personnages féminins à l’état d’objets du désir masculin, façonnant durablement nos imaginaires.
À l’inverse du male gaze, le regard féminin permet de représenter les femmes dans leur subjectivité, en explorant leur intériorité et leurs désirs.
“La Leçon de piano”, de Jane Campion, sorti en 1993.. PHOTO ARCHIVES DU 7EME ART/PHOTO12/AFP
« La Leçon de piano », de Jane Campion, sorti en 1993.PHOTO ARCHIVES DU 7EME ART/PHOTO12/AFP
À l’image de l’héroïne de Jane Campion, Flora, dans La Leçon de piano, sorti en 1993, première Palme d’or remise à une femme.
Du cinéma d’auteur, le female gaze a doucement fait son chemin vers des productions plus grand public, notamment à travers les séries.
Shannon Murphy est l’une des réalisatrices et productrices qui incarnent ce phénomène. De Dying for Sex (2025) à Killing Eve (2018), l’Australienne a travaillé sur nombre de fictions marquantes ces dernières années.

“Killing Eve” est une autre série marquante par son application d’un “female gaze”.. PHOTO BBC AMERICA
« Killing Eve » est une autre série marquante par son application d’un « female gaze ».PHOTO BBC AMERICA
En mettant en avant la perception et le vécu de personnages féminins complexes.
« Je préfère quand la progression est moins frontale, l’approche plus globale, ce qui est le propre du fonctionnement féminin », définit-elle.
« Si nous commençons
à raconter plus
d’histoires de ce genre,
cela nous permettra,
en tant que société,
de ne plus voir
le monde de manière
aussi manichéenne. »
La réalisatrice Shannon Murphy
dans le quotidien britannique The Guardian
Parmi les premières héroïnes subversives du petit écran, The Guardian cite la quadragénaire Samantha dans Sex and the City (qui avait scandalisé à l’époque en assumant ses désirs sexuels) ou encore l’avocate Ally McBeal.
“Sex and the City”, l’une des séries marquantes des années 1990.. PHOTO 7E ART/HBO/PHOTO12/AFP
« Sex and the City », l’une des séries marquantes des années 1990.PHOTO 7E ART/HBO/PHOTO12/AFP
Des modèles des années 1990 qui ont inspiré Shannon Murphy tout comme leurs héritières, dont Lena Dunham, la créatrice de Girls, qui racontait sans fard la vie de quatre vingtenaires new-yorkaises dans les années 2010.
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