[Cet article a été publié le 27 février et republié le 7 avril 2026]
L’industrie de la cyberescroquerie en Asie du Sud-Est est un problème épineux pour la Chine. Suffisamment pour que la plus haute juridiction du pays en fasse le sujet d’une conférence de presse. “Entre 2021 et 2025, les tribunaux du pays ont jugé plus de 159 000 affaires de fraude aux télécommunications en ligne et condamné plus de 338 000 personnes”, a annoncé, le 26 février, Wang Bin, directeur de la troisième chambre criminelle de la Cour populaire suprême, cité par le média d’information financière et économique Jiemian. Pour la seule année 2025, “41 000 personnes ont été condamnées en revenant du nord de la Birmanie”, poursuit Jiemian.
Cette région, frontalière de la Chine, est un terreau particulièrement fertile pour les fraudes : instabilité dans le pays, guerre en cours, milices ethniques armées et… organisations criminelles chinoises. À la faveur de ces éléments, “ces dernières années, les fraudes en ligne ont présenté de nouvelles caractéristiques, telles que la structure en groupes des organisations criminelles, la dimension transfrontalière et la complexité des formes criminelles”, rapporte Jiemian.
Situation “grave et complexe”
Pour la Chine, le défi est double. De nombreuses victimes sont des ressortissants chinois, parfois forcés de devenir eux-mêmes auteurs de fraudes. Mais nombre d’organisations criminelles tirant les ficelles des centres d’escroquerie birmans sont également chinoises. Devant une telle gageure, la Cour populaire suprême a souligné l’importance de peines différenciées : “Les tribunaux populaires appliqueront des politiques clémentes aux membres de bas rang ou à ceux contraints ou incités à participer à des crimes”, précise Jiemian.
La lutte contre les gros poissons est en revanche toujours de mise, comme en témoignent les statistiques saisissantes à ce sujet : récemment, “39 individus ont été condamnés à la prison à perpétuité et 16 à la peine de mort”, rappelle le média économique et financier. Une répression qui n’empêche toutefois pas la situation criminelle de demeurer “grave et complexe”, des mots mêmes du représentant de la Cour populaire suprême chinoise.
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