- Un trentenaire a été condamné vendredi à 12 ans de réclusion criminelle pour avoir allumé 32 feux en 2022 et 2023 en Charente.
- Une frénésie incendiaire qu’il a expliquée durant le procès par son « mal-être » et une volonté de « faire parler » de lui.
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La peine est lourde pour des faits qui le sont tout autant. Un trentenaire a été condamné, vendredi 18 septembre, à 12 ans de réclusion criminelle pour avoir allumé 32 feux en 2022 et 2023 en Charente, une frénésie incendiaire (nouvelle fenêtre) qu’il a expliquée durant le procès par son « mal-être »
et une volonté de « faire parler »
de lui.
Le verdict, rare pour ce type de faits, est conforme à la peine réclamée jeudi devant la cour criminelle départementale par l’avocat général, David Arnault. « Il mérite une réponse pénale extrêmement sévère »,
avait déclaré le magistrat lors de son réquisitoire, décrivant l’accusé de 32 ans, père de deux enfants, comme une « bombe vivante »,
avec un fort risque de réitération.
Les juges ont assorti la condamnation d’un suivi socio-judiciaire avec injonction de soins pendant dix ans, d’une obligation de travailler et d’indemniser les victimes, ainsi que d’une interdiction de résider en Charente et d’exercer une activité dans le milieu forestier.
2.000 pompiers mobilisés
Pour l’avocate de la défense, Me Gwenaëlle Le Brun, cette peine est « inappropriée »
pour son client comme pour les victimes, auxquelles il ne pourra « rien verser durant ses années de détention »
. « Il prend une peine équivalente à un viol, alors que la reconstruction des victimes n’est pas la même »,
a-t-elle déclaré vendredi à un correspondant de l’AFP, en précisant cependant que le condamné ne souhaite pas faire appel.
Parmi les faits qui avaient provoqué une psychose dans le sud du département entre juillet 2022 et octobre 2023, et qu’il a tous reconnus, figurent l’incendie d’un massif forestier sur près de 150 hectares, ou l’embrasement d’un bâtiment agricole voisin de son domicile, abritant 1.000 tonnes de paille.
Au total, quelque 2.000 pompiers avaient dû intervenir sur les différents sinistres, dont le préjudice global avoisine deux millions d’euros, alors que durant l’été 2022, les soldats du feu étaient fortement mobilisés par plusieurs incendies majeurs en Gironde voisine.
Pour expliquer ses passages à l’acte, le mis en cause, déjà connu de la justice pour des vols avec effraction, a évoqué durant le procès un « mal-être »
alimenté par une enfance marquée par des violences intrafamiliales, des précarités financières, la perte d’un bébé et des addictions à l’alcool.
Les débats ont également fait ressortir un important besoin de reconnaissance. « J’ai peut-être un peu trop cherché à ce qu’on parle de moi »,
a dit l’incendiaire devant la cour.
La rédaction de TF1info avec AFP

