- Deuxième pont le plus long du Calvados, le viaduc de Calix, à Caen, a été étrangement repeint en blanc.
- Une équipe de TF1 s’est penchée sur les raisons, davantage techniques qu’esthétiques, de ce changement visible sur cette portion fréquentée chaque jour par 80.000 véhicules.
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Le 13H
Au volant, le contraste saute aux yeux. Sur le viaduc de Calix, dans l’agglomération caennaise, le bitume passe subitement du gris au blanc. De quoi susciter la curiosité de celles et ceux qui roulent dessus. « C’est surprenant quand on arrive, en effet, la première fois. Et on se demande pourquoi ils ont fait ça »
, témoigne un automobiliste dans le reportage du JT de 13H visible en tête de cet article.
La raison est toute simple : le viaduc de Calix, emprunté par environ 80.000 véhicules par jour, fait partie des 85.000 ouvrages reconnus en mauvais état. La peinture a été appliquée pour éviter que les fissures déjà présentes ne s’aggravent avec les fortes chaleurs. La couche blanche permet en effet de limiter les écarts de température dans la journée, responsables de la dilatation du béton.
« On sait bien que c’est pour éviter qu’il s’effondre, mais on évite de le prendre au maximum en tout cas »
, confie à notre micro une automobiliste particulièrement incrédule.
L’objectif était de limiter ces variations de chaleur à l’intérieur du béton
L’objectif était de limiter ces variations de chaleur à l’intérieur du béton
Sarah Devimeux, responsable du pôle entretien et gestion à la Dirno
En 2021, d’importantes fissures ont été constatées sur la partie centrale du viaduc. Depuis, chaque année, la Direction interdépartementale des routes nord-ouest (Dirno) effectue ces travaux en pleine nuit pour préserver le deuxième plus long pont du Calvados après le pont de Normandie.
« L’objectif était de limiter ces variations de chaleur à l’intérieur du béton. Et la solution, ça a été de mettre la peinture blanche qui reflète les rayons du soleil, plutôt que l’absorption par un support noir »
, justifie Sarah Devimeux, responsable du pôle entretien et gestion des ouvrages à la Dirno. L’investissement se chiffre à 40.000 euros par an. En plus de la peinture en surface, à l’intérieur du viaduc, sous la route, des travaux d’urgence sont réalisés sur la structure.
Six fois plus emprunté que ce qui était prévu lors de sa construction au début des années 1970, le viaduc de Calix est surveillé en temps réel par une cinquantaine de capteurs. « Si jamais il y avait un problème, on est alerté directement sur des téléphones portables, et on pourrait, si vraiment il y avait une réelle problématique, ordonner la fermeture du viaduc »
, rassure Sarah Devimeux. « Ça n’est pas arrivé, donc le risque est relativement maîtrisé. Après, il a cinquante ans, il a besoin des travaux de réparation pour lui redonner cinquante belles années. »
De grands travaux de rénovation sont prévus dès le mois prochain, pour un budget de 20 millions d’euros.




