samedi, mai 16

  • De plus en plus de personnes suivent des programmes pour perdre du poids sur les réseaux sociaux.
  • Mais attention aux recettes miraculeuses et souvent trop radicales.
  • Si ces conseils sont parfois donnés par des professionnels, d’autres laissent plus dubitatif, constate cette enquête du 20H de TF1.

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Le 20H

Les conseils d’influenceurs fitness sur les réseaux sociaux, Tahisse, 17 ans, les a suivis pendant 2 ans. Si son objectif était de perdre du poids, elle l’a poursuivi jusqu’à mettre sa santé en danger. « C’est des choses qui sont postées sur YouTube, que je regardais très tôt, pour perdre du gras très rapidement », montre-t-elle dans le reportage du 20H ci-dessus. « On mangeait 600-800 calories par jour, et on devait faire énormément de courses pour perdre énormément de poids, radicalement. Mais on ne perdait que de l’eau. Il a fallu du temps pour comprendre », admet la jeune femme au micro de TF1. 

Je suis descendue très bas pour la taille que je faisais.

Tahisse Puppatti

À force de vouloir ressembler aux influenceurs qu’elle voit sur les réseaux, elle finit par développer des troubles du comportement alimentaire. « Je suis descendue très bas pour la taille que je faisais, 35 kg pour 1,60 m. Quand je me regardais dans le miroir, j’étais grosse, alors que j’avais la peau sur les os », se souvient-elle. L’adolescente est finalement sortie de cette addiction, mais de plus en plus de personnes suivent ces programmes pour perdre du poids sur les réseaux sociaux. 

Remèdes « miracles »

Des millions de publications font référence à ce genre de contenus. Si les conseils y sont parfois donnés par des professionnels, d’autres laissent plus dubitatif. Remèdes « miracles », comme « cet élixir à base de fleurs de Bach pour la perte de poids, [qui] a transformé bien plus que ma silhouette », vante une influenceuse. Pertes de poids fulgurantes, pour une autre : « Je suis passée de 73 à 48 kg ». Régimes soi-disant infaillibles, avec « 5 choses à arrêter tout de suite si tu veux perdre du poids », annonce une troisième. 

« On a tout et son contraire »

Dans une salle de sport du Puy-de-Dôme visitée par notre équipe, certains avouent avoir suivi ce genre de programmes plus ou moins sérieux. « C’est quand même pratique, mais il faut les essayer. Il n’y a pas tout qui marche, forcément », estime un jeune homme au micro de TF1. « On a tout et son contraire », dénonce un autre. Le gérant de l’établissement constate l’influence de ces contenus sur les ventes de compléments alimentaires. « Un influenceur hyperconnu met sous la lumière un produit, et on a cet engouement qui vient d’un coup. Le conseil est souvent un peu biaisé. L’influenceur a un code promo, un réel partenariat et un avantage financier qui va rentrer en jeu », explique-t-il. 

Compléments alimentaires

Nous avons contacté un de ces influenceurs sportifs, vantant des résultats spectaculaires sur la silhouette de ses clients. Il n’a aucun diplôme en nutrition. Pourtant, pour nous remettre en forme, plutôt que de parler d’entraînement, il nous oriente vers l’achat de compléments alimentaires sur abonnement. « Si tu prends la formule la plus basse, c’est 185, t’as une autre formule à 209 et une autre à 250 », propose-t-il au téléphone. 

Une autre influenceuse nous a avoué n’avoir aucun diplôme, et ne faire cela que pour l’argent. « C’est pas du tout mon métier de base non plus, j’étais comptable, donc rien à voir avec tout ça. T’as pas besoin de te former sur les besoins nutritionnels. Le but, c’est de connaître les produits, et ça te suffit », estime la jeune femme, qui dit gagner « entre 8.000 et 10.000 euros »

Comment repérer ces mauvais conseils sur les réseaux sociaux ? Nous avons montré quelques vidéos à une diététicienne-nutritionniste, dont une qui vante un sirop pour perdre du ventre. « Voilà, c’est n’importe quoi. C’est typique de la promesse miracle, la même pour tout le monde », réagit Nathalie Maury. « Si ça se trouve, c’est juste de l’eau et ça va être très cher. Ça n’existe pas un aliment magique, y a pas d’aliments diaboliques non plus. En général, c’est les excès ou les carences qui vont poser problème au niveau santé », résume-t-elle. Avant de se lancer dans un nouveau régime, le plus prudent reste de consulter un diététicien ou un médecin nutritionniste. Ce sont les seuls praticiens dont le diplôme est reconnu par l’État.

La rédaction de TF1info | Reportage : Quentin DEHAY, Claire LEFEUVRE et Patrick DELANNES

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