Qu’il vienne ou non, les investigations vont se poursuivre. Elon Musk est attendu ce lundi 20 avril devant les enquêteurs de la justice française qui se penchent depuis plusieurs mois sur de possibles dérives de son réseau social X. L’homme le plus riche du monde qui se moque de cette enquête n’a pas fait savoir s’il sera présent à cette « audition libre ».
La présence du milliardaire n’est pas indispensable, a fait savoir samedi le parquet de Paris. « L’enquête ouverte en janvier 2025 porte sur les éventuelles violations par la plateforme X de la législation française, à laquelle elle doit bien évidemment se conformer sur le territoire français », ont rappelé les magistrats.
Des deepfakes pour gonfler la valorisation de X ?
En cause notamment une possible complicité de diffusion d’images pédopornographique, et l’utilisation du modèle d’intelligence artificielle de X pour la création de « deepfakes ». La justice française se demande si « la polémique suscitée par les deepfakes à caractère sexuel générés par Grok (IA de X) pourrait avoir été générée à dessein, afin de valoriser artificiellement les sociétés X et X AI », en vue de « l’introduction en Bourse prévue en juin 2026 de la nouvelle entité née de la fusion entre Space X et X AI ».
Début février, la justice avait diligenté une perquisition dans les locaux de X et convoqué l’homme de 54 ans à venir s’expliquer. Elon Musk ainsi que l’ancienne directrice générale de X, Linda Yaccarino, sont visés « en leur qualité de gérant de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits », avait expliqué la procureure de Paris, Laure Beccuau.
Dans une publication, le réseau social avait dénoncé lors des perquisitions un « acte judiciaire abusif » reposant « sur des motivations politiques » et réfuté toute infraction. Il assurait qu’il ne se laisserait « pas intimider ». « Le parquet de Paris tente manifestement d’exercer une pression sur la direction générale de X aux États-Unis en visant (son) entité française », estimait l’entreprise américaine. Elon Musk avait personnellement insulté les magistrats français dans une publication diffusée sur X, les qualifiant en français dans le texte « d’attardés mentaux ».
Pas encore de poursuites pénales
À ce stade, la plateforme X ne fait pas l’objet de poursuites pénales dans ce dossier. La procureure de Paris, Laure Beccuau, avait auparavant expliqué que les auditions libres « des dirigeants doivent leur permettre d’exposer leur position sur les faits et le cas échéant les mesures de mise en conformité envisagées ».
« Les autorités judiciaires d’autres pays ont également ouvert des enquêtes visant X », rappelle samedi le parquet de Paris, qui précise avoir transmis certaines pièces de la procédure au ministère américain de la Justice, aux bureaux du procureur général de Californie et de celui du procureur de New York, « ainsi qu’à différents parquets européens ».
Vendredi, le Wall Street Journal s’est fait l’écho d’une lettre adressée par le bureau des affaires internationales du ministère américain de la Justice, mais le parquet de Paris a indiqué à l’AFP qu’il « n’a pas connaissance de ce courrier ». Dans cette missive, la justice fédérale prend position pour X, estimant notamment que l’enquête parisienne va à l’encontre du premier amendement de la Constitution américaine sur la liberté d’expression, selon le quotidien.
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