- Arrêter de fumer après le diagnostic d’un cancer du poumon peut réduire de moitié le risque de mourir de cette maladie, selon une récente étude du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).
- L’arrêt du tabac reste bénéfique même pour les gros fumeurs et à un stade avancé de la maladie.
- Selon cette même étude, ces résultats sont vrais même pour les cancers qui ne sont pas liés au tabagisme.
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
Il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer. Une récente étude établit qu’arrêter de fumer après s’être fait diagnostiquer un cancer du poumon peut réduire le risque de décès et de progression du cancer de moitié. Cet arrêt du tabac est bénéfique même pour les gros fumeurs et à un stade avancé de la maladie, précisent ces travaux.
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a présenté, vendredi 25 septembre, ses données scientifiques lors du Congrès mondial sur le cancer qui se tient à Hong Kong. Et les résultats sont formels : l’arrêt du tabac après un diagnostic de cancer « peut améliorer considérablement la survie »
du patient et « réduire le risque de progression de la maladie »
.
Des bénéfices « sous-estimés » par patients et professionnels
De quoi donner de l’espoir aux patients, qui baissent parfois les bras à l’annonce du diagnostic. « De nombreux patients fumeurs au moment du diagnostic continuent de fumer tout au long de leur parcours de soins »
car ils pensent qu’« une fois le diagnostic de cancer posé, les dommages seraient déjà irréversibles »
, souligne le CIRC.
« S’il est largement établi que l’arrêt du tabac est un moyen efficace de prévenir d’un cancer, les bénéfices d’arrêter de fumer après un diagnostic de cancer sont encore sous-estimés, aussi bien par les professionnels de santé que par les patients »
, ajoute l’agence spécialisée de l’ONU.
Or, « il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer »
, rappelle le Dr Mahdi Sheikh, auteur principal du rapport, cité dans un communiqué du CIRC (nouvelle fenêtre), qui fait partie de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Même après un diagnostic de cancer avancé, l’arrêt peut apporter des bénéfices cliniques significatifs. »
Une durée de vie supérieure à celle des patients fumeurs
Concrètement, le risque de décès et de progression de la maladie diminue « jusqu’à 55% »
comparé à celui de patients restés fumeurs. Des résultats établis d’après le suivi sur plus de dix ans de patients atteints d’un cancer du poumon ou du rein qui fumaient au moment du diagnostic.
Les patients qui ont arrêté de fumer après le diagnostic de la maladie ont ainsi montré « une durée de survie sans progression, supérieure d’environ deux ans »
à celle de ceux restés fumeurs. Et les bénéfices ne concernent pas uniquement les cancers du poumon : ils sont observés pour un « large éventail de cancers »
, qu’ils soient « fortement liés au tabagisme »
ou moins associés au tabac, comme le cancer du rein, poursuivent les résultats de l’étude.
Le CIRC demande à « allouer des financements pérennes »
pour le sevrage tabagique dans les services de cancérologie, et « garantir l’accès à des traitements pharmacologiques de sevrage tabagique gratuits ou subventionnés »
. Car le tabac reste responsable « d’un quart des décès liés au cancer à travers le monde »
, rappelle-t-il dans son communiqué.
Le Centre international de recherche sur le cancer estime également que le traitement de la dépendance au tabac doit intégrer les directives nationales d’oncologie, et que les oncologues doivent être formés au sevrage tabagique, alors même que le cancer du poumon fait encore 1,9 million de morts dans le monde chaque année, selon l’OMS.



