- Marie-Thérèse Ross-Mahé, une octogénaire française, a récemment passé plus de deux semaines en prison, après avoir été arrêtée par la police américaine de l’immigration, ICE.
- Dans une interview à « Ouest-France » et au « New York Times », l’intéressée dénonce des conditions de détention indignes.
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La police de l’immigration de Donald Trump de plus en plus contestée
Un énième témoignage accablant contre la police de l’immigration, largement mise en cause depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Arrêtée le 1er avril à son domicile américain de la petite ville d’Anniston, dans l’Alabama, Marie-Thérèse Ross-Mahé raconte les deux semaines d’enfer qu’elle a vécues dans les geôles de l’ICE.
Tout a débuté le 1er avril dernier, lorsque la Française de 86 ans est réveillée en sursaut par des coups violents à sa porte. Plusieurs agents la menottent sans explication et l’interpellent. Dans un entretien accordé à Ouest-France
et au New York Times
, elle se rappelle avoir été arrêtée alors qu’elle se trouvait encore en pyjama. « Je ne savais pas vraiment ce qui m’arrivait. C’était très humiliant. Je n’avais même pas peigné mes cheveux. Je venais tout juste de sortir du lit »
, souffle-t-elle à nos confrères américains, à son retour dans l’Hexagone après seize jours de détention.
Alors qu’elle assure être dans son bon droit, et avoir fait des démarches pour régulariser sa présence outre-Atlantique, les autorités lui reprochent, au contraire, de se trouver en situation irrégulière, faute de détenir un visa permanent. « Pour moi, j’étais en règle. Je n’aurais jamais pensé que cela puisse arriver »
, affirme-t-elle. Elle se dit d’autant plus bouleversée qu’elle reconnaît avoir été, avant ces événements, une fervente défenseuse de Donald Trump et de sa politique en matière d’immigration.
D’abord enfermée dans une « minuscule cellule »
, Marie-Thérèse Ross-Mahé est ensuite transférée à la prison de Birmingham (Alabama) puis dans un centre de détention à Basile, en Louisiane, à plus de 700 km. L’incarcération dure un peu plus de deux semaines et se révèle être un véritable calvaire. N’envisageant désormais plus de vivre aux États-Unis – ce qu’il se passe là-bas est « abominable »
, « le pays de la liberté n’existe plus »
-, l’octogénaire « veut être la porte-parole de (ses) codétenues ».
« Je leur ai dit :
‘je vais parler de vous pour que les gens sachent ce que vous vivez’«
, souligne-t-elle.
Tout ça me rappelle le temps du nazisme
Tout ça me rappelle le temps du nazisme
Marie-Thérèse Ross-Mahé
La Française indique avoir été confrontée à des cris jour et nuit, des « odeurs d’excréments »
, des réveils impromptus, un manque cruel d’intimité et à des refus de soins médicaux, malgré une « crise aiguë de sciatique »
. « Je ne pensais pas que de telles choses existaient »
, déplore-t-elle, à propos des centres de rétention où elle a été détenue. « Je pensais que lorsque nous les arrêtions
(les migrants en situation illégale, ndlr), nous les traitions correctement. Cela m’a vraiment choquée »
, lance-t-elle, « ils les traitent comme des chiens, pas comme des êtres humains ».
La femme de 86 ans va même plus loin : « Les arrestations arbitraires, les chaînes au pied, les appels en pleine nuit, (…) tout ça me rappelle le temps du nazisme »
, tance-t-elle.
Le New York Times
n’a « pas pu confirmer de manière indépendante les détails de son expérience en détention, mais ceux-ci concordent avec les témoignages d’autres personnes qui ont été détenues dans des circonstances similaires ».
De son côté, le département de la Sécurité intérieure se défend et certifie que l’ICE « applique des normes de détention plus strictes que la plupart des prisons américaines qui accueillent des citoyens américains »
et que cette police est « régulièrement contrôlée et inspectée par des organismes externes »
.




