dimanche, octobre 4

  • Cuba s’enfonce chaque jour dans une grave crise économique et énergétique en raison du blocus pétrolier quasi total imposé par Washington.
  • Les groupes hôteliers ne peuvent plus assurer un service correct sur l’île.
  • Les touristes ont déserté le pays, le privant de sa principale source de revenus, montre ce reportage de TF1.

Ajoutez TF1info à vos sources sur Google

Les 8 kilomètres du Malecón sont totalement déserts. Pas un seul promeneur n’arpente ce grand boulevard de bord de mer au nord de La Havane, à Cuba. Dans les petites rues pavées de la vieille ville, les musiciens chantent désormais pour un public imaginaire. Les belles voitures américaines, vestiges des années 50, et dont raffolent les vacanciers, ne roulent plus. Sans le vouloir, l’État insulaire caribéen est, à nouveau, coupé du monde. Les touristes ont disparu.

« On ne peut pas faire voler les avions »

Cuba est confrontée depuis des années à une crise économique et énergétique, qui a toutefois été exacerbée par la suspension, en janvier dernier, par les États-Unis de l’approvisionnement en pétrole brut en provenance du Venezuela, dernière source d’approvisionnement régulier de l’île. Donald Trump empêche également les exportations de pétrole vers Cuba et menace de représailles les pays qui livreraient du brut à La Havane.

« Il n’y a plus de combustible. On ne peut pas faire voler les avions. En bloquant tout le système, ça devient franchement difficile », déplore Roberto, guide à La Havane, les mains pleines de colliers à 80 centimes qu’il ne parvient pas à vendre. Les touristes ont délaissé les rues de la capitale cubaine, alors qu’auparavant, « ça grouillait de partout », confie un habitant de La Havane. Une cartomancienne rencontrée dans la rue reste fidèle au poste. « Non, je ne suis pas folle. On ne sait jamais, ils pourraient revenir », espère-t-elle au micro de TF1.

Des hôtels vides

Les hôtels sont, eux aussi, complètement abandonnés. L’équipe de TF1 a pu filmer la réception d’un établissement 5 étoiles, où s’accumulent les chariots à bagages vides. En quelques mois de blocus sur les carburants, l’administration Trump a littéralement étranglé l’économie de l’île. À tel point que de grands groupes de voyagistes internationaux, comme l’Espagnol Iberostar, ont décidé de quitter Cuba.

C’est d’ailleurs toute l’activité de La Havane qui est au point mort. La gare ferroviaire est fermée tandis que le port de commerce est plongé dans un profond sommeil. Le terminal maritime destiné à accueillir des navires de croisière américains est resté à l’état de projet, totalement interrompu par le locataire de la Maison Blanche.

La baie des Cochons désertée

La manne touristique était l’une des principales sources de revenus du pays, qui est tout entier affecté par l’absence des voyageurs. À 130 km à l’est de la capitale cubaine, les visiteurs ont disparu des plages de Varadero. La station balnéaire, constituée de dizaines d’hôtels alignés en bord de plage, avait pourtant été conçue pour attirer les touristes du monde entier.

De l’autre côté de l’île, sur la côte sud, la baie des Cochons, chargée de symboles historiques, a également été abandonnée par les touristes. Le 17 avril 1961, 1.400 militants anticastristes entraînés et financés par la CIA avaient tenté de débarquer sur cette baie, à 250 kilomètres de La Havane, sans réussir à renverser le régime communiste de Fidel Castro. La victoire de ce dernier est racontée dans un musée mémorial, dans lequel personne ne pense que l’histoire se rejouerait aujourd’hui de la même manière. 

« Je ne crois pas qu’ils vont nous tirer dessus. Ils n’en ont pas besoin. Il leur suffit de nous épuiser. C’est une guerre d’usure, où il s’agit d’étouffer le peuple cubain pour le pousser à descendre dans la rue », estime Pedro, guide dans ce musée. Pour le moment, c’est en privant Cuba de toutes ses sources de revenus que les Américains espèrent faire tomber ce qu’il reste du régime fondé par les frères Castro.

La rédaction de TF1info | Reportage : Michel SCOTT et Fabrice AMZEL

Share.
Exit mobile version