Les États-Unis ont classé jeudi 28 mai deux puissants groupes criminels du Brésil comme « organisations terroristes étrangères », passant outre l’opposition du gouvernement brésilien.
Ces groupes, Comando Vermelho (CV) et Primeiro Comando da Capital (PCC), « comptent parmi les organisations criminelles les plus violentes du Brésil », a déclaré le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio dans un communiqué.
« A eux deux, ils comptent des milliers de membres et ont orchestré des attaques brutales contre des policiers, des fonctionnaires et des civils brésiliens », a-t-on ajouté de même source, précisant que leur influence s’étend « bien au-delà des frontières du Brésil, à travers notre région et jusqu’à notre pays ».
La mesure sera effective à compter du 5 juin.
Les Etats-Unis ont classé plusieurs cartels sud-américains « organisations terroristes », ce qui interdit à leurs membres de venir aux Etats-Unis, ainsi que toute transaction financière avec elles sous peine de poursuites, et laisse présager une potentielle intervention militaire.
Pression de Flavio Bolsonaro
L’annonce de ces sanctions intervient peu après que le candidat conservateur à la présidence brésilienne, Flavio Bolsonaro, a dit avoir demandé mardi au président américain Donald Trump de déclarer ces deux organisations criminelles de son pays comme organisations terroristes lors d’une rencontre à la Maison Blanche.
Le Comando Vermelho (CV) et le Primeiro Comando da Capital (PCC) sont deux gangs issus du milieu carcéral brésilien.
Flavio Bolsonaro, le fils aîné de l’ancien président Jair Bolsonaro, actuellement incarcéré après une chute en disgrâce liée à une tentative de coup d’État en 2023, est engagé dans une course serrée dans les sondages face au président actuel Luiz Inacio Lula da Silva, reçu par Donald Trump à Washington deux semaines plus tôt.
Le gouvernement de gauche s’est fermement opposé à la désignation de ces organisations comme organisations terroristes, qui pourrait potentiellement entraîner une intervention militaire américaine. Lula l’avait réitéré auprès du président Trump lors de leur rencontre à la Maison Blanche.
Trafic de cocaïne
Le Comando Vermelho et le Primeiro Comando da Capital sont deux gangs issus du milieu carcéral brésilien. Ils ont tous deux fait fortune dans le trafic de cocaïne, s’alliant notamment à la mafia calabraise ‘Ndrangheta, pour envoyer de la drogue produite en Amérique du Sud vers l’Europe depuis des ports brésiliens.
Le PCC et CV ont d’abord coexisté pacifiquement, mais des affrontements ont eu lieu il y a une dizaine d’années, sur fond de lutte pour le contrôle de l’approvisionnement de stupéfiants depuis l’Amazonie, à la frontière entre Colombie et Bolivie, gros producteurs de cocaïne. L’an dernier, les deux groupes criminels ont été visés par des opérations policières majeures.
Washington mène depuis plusieurs mois une campagne de frappes dans le Pacifique et les Caraïbes contre des navires présentés comme participant à des activités de trafic de drogue alimentant les États-Unis.
Le président Trump s’est associé à plusieurs pays dans la région dont l’Équateur, le Salvador et le Guatemala pour mener des frappes communes contre les narcotrafiquants. Le président américain a lancé en mars une « coalition militaire » pour « éradiquer » les cartels, si besoin à coups de missiles, avec aujourd’hui une vingtaine d’alliés d’Amérique latine.
Avec AFP











