- Bercy a reconnu jeudi un « accès illégitime » survenu fin juin, à la suite d’une « usurpation d’identité ».
- Quelques centaines de milliers d’usagers sont concernés par cet acte malveillant, selon la DGFiP.
- Le point sur cette cyberattaque.
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Le 13H
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Noémie est inquiète. Ses données personnelles, fiscales, sont peut-être déjà entre les mains d’escrocs. « Il y a quand même des informations sur nos revenus, nos coordonnées bancaires… »
, redoute-t-elle dans le reportage de TF1 visible ci-dessus. « Ce sont vraiment des données confidentielles »
, s’inquiète également une autre passante interrogée par notre équipe.
Le fisc a confirmé jeudi 13 août une intrusion et un vol de données dans son système informatique. Cette attaque a été revendiquée sur un forum de revente de données du « darkweb » par un cybercriminel dissimulé sous le pseudonyme « ZeroBytes », qui a déjà un historique d’intrusion dans des cibles françaises, a constaté un journaliste de l’AFP. Cette offensive remonte à fin juin et a visé le portail impots.gouv.fr (nouvelle fenêtre) du fisc. Selon la Direction générale des finances publiques (DGFiP), le pirate a pu s’introduire dans le système informatique après une « usurpation d’identité ».
Combien de personnes sont potentiellement concernées ?
Plusieurs centaines de milliers d’usagers sont concernés par le piratage du système d’information du fisc, a annoncé ce vendredi après-midi la DGFiP. « À ce stade des investigations, quelques centaines de milliers d’usagers sont concernés par cet acte malveillant »
, et la DGFiP « prendra directement contact avec chacun des particuliers et professionnels concernés afin de les informer des données les concernant et, le cas échéant, des mesures de vigilance à adopter »
, précise le fisc.
Selon le site spécialisé FrenchBreaches (nouvelle fenêtre), qui a été le premier à documenter ces incidents et qui répertorie les cyberattaques (nouvelle fenêtre) en France, près de 680.000 profils auraient été visés, 390.000 particuliers et 285.000 professionnels.
Quelles sont les données dérobées ?
Le pirate affirme détenir des noms, des adresses, des numéros de téléphone, mais aussi des revenus fiscaux ou des taux de prélèvement à la source.
Selon un échantillon de ces données consulté par l’AFP sur le forum de revente, le fichier contiendrait bien, outre des informations d’état civil, le revenu fiscal de référence, la situation familiale ou encore le taux de prélèvement à la source.
Que peuvent devenir ces données volées ?
Ces données seront probablement rachetées par des escrocs. Selon FrenchBreaches, le fichier serait d’ailleurs déjà proposé à la vente pour plusieurs milliers d’euros.
Le principal risque pour les victimes est celui de l’hameçonnage, ou « phishing ». En détenant ces informations personnelles, les futurs escrocs pourront mener des arnaques plus crédibles et plus efficaces pour vous soutirer de l’argent. Ils pourront par exemple envoyer des messages crédibles en se faisant passer pour les services fiscaux et tenter de soutirer de l’argent par manipulation.
Pourquoi l’État a-t-il du mal à protéger nos données personnelles ?
Rien qu’en quelques mois, fin 2025 et en 2026, les ministères de l’Éducation nationale, mais aussi de l’Intérieur, l’Agence des titres d’identité (ANTS) ont été piratés. La liste d’opposition au démarchage téléphonique Bloctel, fermée définitivement depuis l’interdiction du démarchage non consenti le 11 août, a également été victime d’une fuite de données, a annoncé la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) dans un communiqué publié le 12 août. De quoi inquiéter les Français.
« On peut avoir l’infrastructure la plus sécurisée au monde d’un point de vue technique, il y aura toujours, selon moi, un résidu de vulnérabilité humaine. Un agent peut par exemple être la cible d’un courriel d’hameçonnage et l’employé devient dans ce cas la porte d’entrée du piratage »
, explique auprès du 13H de TF1 Déborah Haddad, experte des risques cyber et autrice du livre Cybercriminels
chez Nouveau Monde Éditions.
La rédaction de TF1info avec AFP | Reportage : Roxane SYGULA, Colin DOBRONIAK-COHEN, Stefan IORGULESCU

