Avec notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan
Pendant une semaine, la délégation de six membres du National democratic institute, parmi lesquels figuraient deux anciens chefs d’État, la Centrafricaine Catherine Samba-Panza et le Cap-Verdien Jorge Fonseca, a rencontré partis politiques, les deux candidats en lice, la société civile, les médias ainsi que les institutions chargées d’organiser le scrutin.
Dans ses conclusions présentées à la presse, le NDI pointe des restrictions politiques et institutionnelles, ainsi qu’un déséquilibre dans la représentation politique. Par exemple, après les législatives et les communales où l’opposition ne comptait aucun élu, il ne reste plus que la présidentielle. Les Démocrates, principal parti d’opposition, seront absents comme lors des communales où ils estiment avoir été exclus alors que la CENA a parlé de dossiers non conformes.
Devant la presse, Catherine Samba-Panza, ex-présidente de la république de Centrafrique, a dressé un bilan alarmant : « Nous avons senti une peur sur la ville, une société civile qui n’ose plus entreprendre des actions civiques, des partis politiques plus ou moins muselés, nous avons relevé un certain nombre de dérives, nous ne pouvons pas nous taire là-dessus. Mais il ne suffit pas de les relever, que faire ? »
La mission a formulé une série de recommandations à court, moyen et long terme en vue du scrutin prévu le 12 avril prochain. Il opposera le candidat de la majorité Romuald Wadagni et Paul Hounkpè, représentant d’une opposition modérée.
Les recommandations finales font écho aux revendications portées en leur temps par l’opposition, le clergé et la société civile. L’ancien chef d’État cap-verdien Jorge Carlos Fonseca en a énuméré quelques-unes :« Renforcer les conditions pour le pluralisme politique, revisiter les dispositions sur le seuil de 20% dans chaque circonscription exigé aux partis politiques pour prétendre au siège de député, les règles du parrainage et surtout, il faut un dialogue ouvert et sincère parce que après avril, la vie continue, la politique continue. »
Madame Catherine Samba-Panza, qui a confié avoir eu un long entretien avec Boni Yayi, président du parti Les Démocrates, a conclu par ce conseil : « Quand on est démocrate on ne baisse pas les bras on se bat jusqu’au bout, pour que la démocratie triomphe ».
Christopher Fomunyo du NDI a déclaré que la délégation a été bien reçue par l’ensemble des parties et mené sa mission à son terme sans difficulté.













