- Après le décès accidentel d’un gendarme en mai 2025 lors de fouilles dans le « cimetière » du tueur en série à Rouvray, une nouvelle campagne avait été lancée le 18 mai dernier.
- Elle visait à retrouver des restes des sept victimes identifiées, mais aussi ceux d’une potentielle huitième, dont le crâne avait été découvert sur le site en 2018.
- Ces fouilles n’ont pas permis de « découverte significative », a annoncé la procureure d’Auxerre, « malgré les efforts méthodiques déployés ».
Deux semaines de recherches minutieuses, mais sans résultat majeur. Les fouilles qui avaient repris le 18 mai dernier (nouvelle fenêtre) à Rouvray, dans l’Yonne, dans le « cimetière »
du tueur en série Émile Louis (nouvelle fenêtre), se sont achevées, mardi 2 juin, sans qu’« aucune découverte significative »
n’ait été faite, a indiqué à TF1-LCI la procureure de la République d’Auxerre, Marie-Denise Pichonnier.
Émile Louis, mort en prison à 79 ans en 2013, a avoué avoir enterré ses victimes dans le bois de Rouvray, à environ 17 km au nord-est d’Auxerre. Ces sept jeunes handicapées mentales avaient été portées disparues dans l’Yonne entre 1975 et 1979. À ce jour, seuls les restes de deux d’entre elles ont été retrouvés dans ce « cimetière »
, ainsi qu’un morceau de crâne d’une huitième victime potentielle, Marie Jeanne Ambroisine Coussin, découvert fin 2018 sur le même site (nouvelle fenêtre). Disparue en 1975, elle était également une enfant de l’assistance publique, comme les sept autres jeunes filles.
Une troisième campagne de fouilles en deux ans
Ces fouilles, interrompues l’an dernier après le décès accidentel d’un gendarme sur les lieux, avaient repris à la mi-mai dans l’espoir de retrouver d’autres restes de cette femme. L’objectif était aussi d’exhumer des « ossements »
des victimes identifiées, « dès lors que les fouilles étaient réalisées dans des zones ciblées d’ensevelissement de leurs corps »
, a rappelé la procureure ce mercredi 3 juin.
Malheureusement, « aucune découverte significative n’a été réalisée »
, a-t-elle annoncé, « malgré les efforts méthodiques déployés, la détermination des gendarmes, et les moyens spécialisés mis en œuvre »
. L’archéologie judiciaire de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN) a été mobilisée, ainsi qu’un « technicien en identification criminelle du groupement de l’Yonne, y compris en milieux subaquatiques »
, a détaillé Marie-Denise Pichonnier. Une « fouille opérationnelle spécialisée du 19ᵉ régiment du génie »
était également dépêchée.
Surnommé le « boucher de l’Yonne »
, Émile Louis a été condamné en 2004 à la réclusion criminelle à perpétuité pour les viols et assassinats des sept jeunes femmes disparues (nouvelle fenêtre). Cet ancien chauffeur de car transportait ses victimes de leur famille d’accueil à leur institut médico-pédagogique.
Ces nouvelles fouilles (nouvelle fenêtre) avaient été lancées suite à la « demande très forte des familles des victimes »
, avait déclaré à l’AFP Me Didier Seban, avocat de l’Association de défense des handicapées de l’Yonne. « On s’était promis de rendre les corps »
, avait insisté celui qui représente aussi la famille de Marie Jeanne Ambroisine Coussin.
En mai 2025, les précédentes fouilles ensuite suspendues avaient permis de retrouver deux chaussures et un vélo, « probablement de femme et d’ancienne facture »
, selon le parquet, qui se disait alors « très prudent »
quant à l’intérêt de ces objets pour l’enquête. Une autre campagne avait été menée à l’automne 2024, permettant d’exhumer une semelle de chaussure à talon, deux pièces de textile et un vêtement, mais pas de reste humain non plus.




