jeudi, juillet 2

Avec notre correspondante régionale, Gaëlle Laleix

Les enfants sont au cœur des violences ethniques perpétrées par les Forces de soutien rapide (FSR) au Soudan, révèle un rapport d’Amnesty International publié mercredi 1er juillet. Pour parvenir à ces conclusions, l’ONG a analysé une centaine de vidéos et d’images satellites et a interrogé près de 250 survivants de la ville d’El Fasher, la capitale du Darfour du Nord tombée aux mains des paramilitaires en octobre dernier, comme Yagoub.

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Le jeune homme n’avait que 17 ans quand son village d’Abu Zerega, situé au sud d’El Fasher, a été attaqué par les FSR en décembre 2024. Capturé, celui-ci a aussi été torturé. Puis « l’un d’entre eux a dit : c’est un fils de « falangayat » et il m’a tiré dessus », confie Yagoub. Le terme de « Falangayat » est utilisé par les FSR pour désigner ceux qui ne sont pas arabes.

« Les enfants ont clairement subi chacune des violations des droits humains que notre rapport recense. Les filles ont été victimes de viols et de violences sexuelles. Les garçons ont été recrutés pour combattre ou pour travailler, mais aussi parce qu’ils étaient soupçonnés d’appartenir à l’armée soudanaise. Pour cela, lors de leur fuite, ils étaient soit tués, soit détenus », expose Janine Morna, l’autrice du document publié par Amnesty International.

« Les enfants ne sont pas des dommages collatéraux, mais les cibles de la stratégie des FSR », s’indigne pour sa part Agnès Callamard, la secrétaire générale de l’organisation. Sur les 11 actes constitutifs de crimes contre l’humanité définis par la Cour pénale internationale (CPI), le rapport de l’ONG démontre que les FSR en ont commis au moins huit, parmi lesquels le meurtre, la déportation, la torture, ou encore les violences sexuelles.

Pour chacun, Amnesty recense des enfants parmi les victimes, comme cette adolescente de 13 ans enlevée par les FSR et violée à répétition. « Ils disaient qu’ils continueraient jusqu’à changer mon ADN », a raconté la victime.

L’ONG rappelle que les conséquences de ces violences seront extrêmement durables. Aujourd’hui 13 millions d’enfants soudanais sont déscolarisés.

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