“Tout le monde se souvient de sa première fois”, écrit Nick Harding. Le journaliste britannique ne fait pas référence aux premiers ébats, ni même au premier baiser, mais au tout premier rasage intégral du crâne. Filant malicieusement la métaphore du dépucelage, il se remémore, dans les colonnes du Daily Telegraph, le jour où il a sauté le pas : “Ma première fois à moi, c’était pendant le confinement. Je l’ai fait dans le jardin. J’étais stressé, mais ma femme m’a encouragé, et quand j’ai terminé, elle m’a dit que ce n’était pas aussi terrible que ce qu’elle avait imaginé.”
Pour de nombreux hommes, la boule à zéro est “un rite de passage difficile, rappelle-t-il, injustement assimilé à la fin de la jeunesse et à une perte de virilité”. Pourtant, abonde The Times, “la perte excessive de cheveux est un processus souvent long et pénible, qui touche 56 millions de personnes dans le monde”.
“Est-ce qu’on est des ratés du cuir chevelu ?”
Le journaliste du Telegraph avance une piste d’explication : “Le problème réside peut-être dans notre époque obsédée par l’image […] où l’on dit aux hommes qu’il n’y a plus de raison d’être chauve, avance le journaliste du Telegraph. On peut prendre un cachet, utiliser une lotion ou réserver un voyage en Turquie. Mais regardez autour de vous, s’emporte-t-il. Le monde regorge de chauves.”
“À votre avis, comment on se sent, avec tout ça ? Est-ce qu’on est des ratés du cuir chevelu ?”
Non, tranche-t-il, “car la rébellion a commencé”. Le premier festival des chauves du Royaume-Uni, baptisé “Bald Fest”, s’est tenu le 14 mai dans un pub de Soho à l’initiative de quatre amis − chauves − qui sont aussi à l’origine de la marque de cosmétiques masculins BLD BRO (“frangin chauve”). Le Times s’est rendu à cet événement où “ne pas avoir de cheveux est un motif de célébration”, et raconte : “Tout le monde peut s’y faire raser la tête gratuitement, et les chauves ont le droit à une bière offerte.”
“Bière gratuite pour les chauves”, indique la pancarte. . PHOTO ALAN WEST/HOGAN MEDIA
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Selon un sondage conduit auprès de 2 000 hommes chauves par l’institut britannique OnePoll pour BLD BRO, plus de la moitié des personnes interrogées “avaient eu recours à des traitements contre la chute de cheveux avant de devenir complètement chauves, dépensant en moyenne 750 livres [soit près de 870 euros] en produits, médicaments et consultations”, rapporte le Telegraph. Or, fait valoir Tariq Kazemi − l’un des cofondateurs de la marque de cosmétiques pour hommes, “la vérité, c’est que même si la perte de cheveux est difficile à accepter pour les hommes, une fois qu’on est chauve, on se rend compte que c’est finalement plutôt agréable. Et personne ne vous le dit.”
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