La capitale du Bangladesh, Dacca, a lancé son premier système de contrôle du trafic basé sur l’intelligence artificielle, dans l’espoir de mettre de l’ordre dans l’une des villes les plus embouteillées au monde.
Dans cette mégapole de plus de 22 millions d’habitants, tristement célèbre pour sa circulation anarchique, bus, voitures, motos et pousse‑pousses se disputent la chaussée.
Feux de signalisation, passages piétons et même policiers y sont souvent réduits à de simples obstacles à contourner.
« Ceux qui enfreignent les règles se retournent contre nous », affirme SM Nazim Uddin, sergent en charge de la circulation, pour qui faire régner un minimum d’ordre dans cette pagaille relève du danger permanent.
Mais depuis l’introduction de l’IA, « les conducteurs ont commencé à respecter la loi « , ce qui « nous épargne des querelles quotidiennes », se félicite-t-il.
Les amendes infligées sur-le-champ donnent souvent lieu à des altercations et des agents sont parfois percutés par des véhicules refusant d’obtempérer.
Avec une vitesse moyenne de seulement 4,8 km/h, marcher est plus rapide, selon une étude de la Banque mondiale et de l’Université d’ingénierie et de technologie du Bangladesh.
Une étude du National Bureau of Economic Research, un groupe de réflexion américain, a classé Dacca comme la » ville la plus lente » de la planète.
Malgré des tentatives de modernisation, la circulation restait entièrement régulée par des agents, contraints notamment de tendre des cordes à travers la chaussée pour empêcher les véhicules de griller les feux rouges..
En avril, la police a relié des caméras de surveillance du trafic à un logiciel basé sur l’IA, conçu pour détecter automatiquement les infractions.
Hannan Rahman Jibon, 28 ans, a été l’un des premiers automobilistes à en faire les frais.
« J’ai grillé un feu rouge et le propriétaire de ma voiture, qui était chez lui, a reçu un message indiquant que le véhicule avait enfreint le code de la route », a raconté M. Jibon à l’AFP.
Il a écopé d’une amende générée automatiquement de 2.000 takas (14 euros).
– Premiers résultats –
« Avec des caméras installées dans de nombreux endroits, je suis désormais plus prudent « , admet-il.
Le système d’intelligence artificielle s’appuie sur les caméras de surveillance du trafic existantes, le logiciel étant capable de détecter des infractions allant du non-respect des feux et des voies au stationnement illégal, explique le porte- parole de la police municipale, N.M. Nasiruddin.











