- Un médecin allemand travaillant en soins palliatifs a été déclaré coupable du meurtre de 15 patients lors de visites à domicile, entre 2021 et 2024.
- Le parquet enquête sur 76 autres cas potentiellement attribués au tueur en série.
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Un médecin allemand travaillant en soins palliatifs a été condamné à la prison à vie le 8 juillet pour avoir assassiné quinze patients, douze femmes et trois hommes, lors de ses tournées à domicile, entre septembre 2021 et juillet 2024, au moyen de cocktails de sédatifs mortels.
Johannes M. a été condamné à la peine maximale : soit la prison à perpétuité, assortie de la reconnaissance de la particulière gravité des crimes et d’un placement ultérieur en rétention de sûreté, deux mesures visant à empêcher une libération anticipée. Il lui est par ailleurs interdit d’exercer à vie la profession de médecin. La juge Sylvia Busch a qualifié, lors du procès, l’homme de « tueur en série »
au centre d’une affaire « inconcevable »
et « hors du commun »
.
L’homme incendiait le domicile de ses victimes
Le praticien administrait des cocktails médicamenteux mortels à ses victimes, suivis d’un relaxant musculaire qui, associés, entraînent une paralysie des muscles respiratoires, un arrêt respiratoire et la mort en quelques minutes. Il incendiait parfois le domicile des patients afin d’effacer ses traces. Les victimes sont douze femmes et trois hommes, âgées de 25 à 94 ans, qui étaient « certes, gravement malades, mais leur mort n’était pas imminent
e«
, selon la Deutsche Welle
(nouvelle fenêtre). Les familles ont déclaré « qu’ils n’avaient pas exprimé de désir particulier de mourir »
, ajoute la chaîne publique allemande. « Les actes de l’accusé n’ont rien à voir avec la médecine palliative ni avec l’euthanasie »
, a estimé de son côté la juge Busch.
L’affaire débute fin juillet 2024, lorsque la cheffe du professionnel de santé alerte la police, selon l’hebdomadaire
Die Zeit
(nouvelle fenêtre). Au sein de ce service berlinois de soins à domicile, elle trouvait étrange que tant de patients de Johannes M. meurent si soudainement et que tant d’appartements brûlent au moment de son départ.
Il a confié à sa femme avoir tué « depuis longtemps »
Le signalement fait effet et, début août, le médecin est interpellé à son retour de vacances, au départ pour le meurtre de quatre patientes. Cependant, la liste de ses victimes présumées s’allonge : elle passe à huit en novembre, dix en février, puis quinze en avril.
Mais les ennuis judiciaires ne devraient pas s’arrêter là. L’homme de 41 ans est soupçonné d’avoir tué 76 autres personnes, selon la Deutsche Welle
. Des enquêtes sont encore en cours pour déterminer sa responsabilité sur ces décès. Mais une curieuse conversation avec sa femme intrigue les policiers. Il lui a déclaré avoir effectué environ 70 interventions avec des sédatifs à dosage mortel, affirmant qu’il avait tué « toujours, depuis longtemps »
.
« Pourquoi les gens tuent-ils ? »
s’était interrogé le médecin dans sa thèse de doctorat en médecine portant sur les homicides, achevée en février 2013 quand il avait 28 ans, rapporte les médias allemands. Lors de son procès, le prévenu a déclaré qu’il agissait correctement, leur épargnant « la souffrance et l’infirmité ».
Ce dossier rappelle le cas d’un soignant tueur en série qui avait sévi au début des années 2000. Niels Högel, un ex-infirmier souffrant d’un « trouble narcissique sévère
« , selon les psychiatres, avait été condamné en juin 2019 à la perpétuité pour le meurtre d’au moins 85 patients dans deux hôpitaux en Basse-Saxe, dans le nord-ouest de l’Allemagne.











